Quand Dieu fit le monde, le septième jour, il se reposa ; et ce fut le sabbat, le sabbat des jours et le sabbat des ans : la septième année, on laisse la terre se reposer. Il n'en est pas ainsi au Centre sportif, culturel et social du Collège Notre-Dame de Jamhour ; voilà pourquoi nous sommes réunis ce soir pour la septième rentrée culturelle du Centre.
La rentrée, dans un Collège, c'est pour les professeurs un temps d'expectative : ce que j'ai préparé tiendra-t-il la route ? comment seront les élèves ? et pour les élèves le temps des découvertes (quel programme ! quels enseignants !) et des résolutions : cette année, je m'y mets sérieusement. Pour moi qui suis nouveau dans la carrière, c'est le temps de la réflexion sur ce qui se fait ici, et ce qu'on y pourrait mieux faire.
L'année culturelle au Centre entrelace deux rythmes : le rythme hebdomadaire des ateliers, le rythme bimestriel des flâneries. Les ateliers, c'est la régularité, le sérieux. Chaque année voit bien quelques nouveautés, mais en restant dans le style. Un style qui s'est précisé au fil des ans.[1]
Les flâneries, c'est la fantaisie. Comme les anges, chaque flânerie est seule de son espèce. Certes, la structure est commune : une exposition, une conférence, un repas ; mais le génie des peuples, la personnalité des ambassadeurs, l'inventivité des cuisiniers rend unique chaque événement. La fantaisie n'empêche pas la fidélité : amateurs et connaisseurs se retrouvent nombreux de flânerie en flânerie.
Sur ce tapis ateliers / flânerie éclosent aussi des fleurs de circonstances : conférence, concert, au gré des visites au Liban d'artistes ou de penseurs.
Ce qui pourrait aller mieux, c'est la caisse. Il ne me semble pas indécent de signaler que les activités culturelles sont pour le Centre une charge financière. Malgré leur prix, les billets des flâneries ne suffisent pas à couvrir les dépenses élevées de ces manifestations de prestige. Heureusement qu'il y a les activités culturelles, et les sponsors qui nous apportent leur support.
Remercions Messieurs Adnan et Adel Kassar qui ont bien voulu rehausser cette cérémonie d'ouverture par une exposition de pièces de leur collection privée, de si grande qualité. Et remercions tous ceux qui au Centre sportif, culturel et social, assurent le succès de l'année culturelle : le Président du Centre, notre Émir Samir Abillama, ainsi que son Vice-président, responsable des activités culturelles, Madame Joumana Hobeika, et tous les membres de l'administration et de l'intendance. Vive Jamhour, Vive le Liban.
[1]. Au début, le programme empiétait largement sur le domaine de la grande sœur, l'Université pour tous à l'USJ - je le sais, j'étais du côté USJ. Maintenant, les choses se sont apaisées, les domaines se sont mieux distingués : à Saint-Joseph les conférences académiques ; à Notre-Dame les ateliers pratiques. Au point que plusieurs enseignants apportent une contribution aux deux institutions, selon le style propre à chacune.