Mot du P. recteur

Printer-friendly versionSend by email

Hommage à Riad el Solh
Collège Saint-Grégoire, le jeudi 19 novembre 2009

Mot du P. Bruno Sion, recteur du Collège

Votre Excellence Mme Leyla el Solh el Hamadé, Vice-Présidente de la Fondation Al Walid Ben Talal,
Votre Excellence Monsieur Ziad Baroud, Ministre de l’Intérieur,
Messieurs les Députés, Mesdames, Messieurs, Chers Collègues,
On ne pouvait trouver plus heureuse idée, pour fêter l’Indépendance, que d’honorer la mémoire du Président Riad el Solh. Il fut en effet un ardent promoteur et l’un des pères de l’Indépendance du Liban, en 1943, et le premier Premier Ministre du Liban indépendant.
Les principes qui guidèrent son action restent toujours d’actualité. J’en retiendrai deux, la protection de la liberté et le Pacte National, illustrés par deux citations de Riad el Solh.
• « Les rêves n’ont pas de murs, mais la liberté doit avoir un toit, tissé de fils de règles, de lois et d’éthique » Rien ne doit limiter la créativité des libanais, mais elle doit être protégée par les institutions. Votre action, Monsieur le Ministre, semble avoir adopté cette maxime : vous assurez la protection des libertés publiques dans le respect des lois ; vous l’avez fait en organisant des élections libres, et les libanais se réjouissent de votre nouveau mandat, car ils comptent sur vous pour protéger leur liberté.
• « Ce pays ne sera indépendant qu’à condition que ses chrétiens et ses musulmans soient d’accord. » « La voûte est composée de deux arcs et tant que l’un et l’autre sont assemblés, rien ne sera plus fort mais si on déplace un élément, le second s’effondre immédiatement. » Le Pacte National, cet accord oral conclu avec le Président de la République, Béchara El Khoury, exprime le principe de conciliation entre chrétiens et musulmans : le Liban est une république indépendante et souveraine ; le Liban est un pays arabe ; les libanais sont tous égaux. Votre action, Madame, s’inscrit bien dans le sillage laissé par votre père. Vous parcourez le pays, cherchant qui soutenir. Il n’est pas une région, pas une communauté, qui n’ait bénéficié de votre appui. Il n’est pas un mois, pas une semaine, sans reportage sur les réalisations que vous avez rendues possibles – et j’ai moi-même eu plusieurs fois le plaisir de vous remercier. C’est en actes que vous faites avancer la coexistence islamo-chrétienne, que vous nous rendez fiers d’être des citoyens libanais.
À sa modeste échelle, le collège Saint-Grégoire qui vous accueille se reconnaît bien dans les deux principes de Riad el Solh.
• Les institutions d’enseignement jésuites se définissent comme des écoles de liberté, par la régularité de leur fonctionnement : programmes, horaires, examens – et le règlement intérieur. L’élève ou l’étudiant est à sa place, il connaît ses droits et ses devoirs, il fait l’apprentissage de la vie citoyenne.
?• Dès leur arrivée, les jésuites ont eu à cœur la coexistence islamo-chrétienne ; ils ont promu la culture arabe à l’Institut des Lettres orientales ; ils accueillent dans leurs institutions des chrétiens et des musulmans, sans discrimination. Et le collège est affilié au Collège Notre-Dame de Jamhour, qui abrite depuis trois ans cette étonnante veillée autour de Marie, chaque 25 mars, où chrétiens et musulmans chantent et prient côte à côte.
Ajoutons que Riad el Solh a étudié à l’Université Saint-Joseph, à l’époque où elle contenait le collège jésuite, et que l’auditorium où nous nous tenons porte son nom. C’était donc bien une heureuse idée, pour fêter l’Indépendance, d’honorer la mémoire du Président Riad el Solh. Remercions celles et ceux qui ont eu cette idée, et remercions celles et ceux qui ont permis de la réaliser. Vive le Collège Saint-Grégoire, vive la mémoire de Riad el Solh, et vive le Liban.