Un vent nouveau souffle dans la division des Terminales
A bâtons rompus avec le nouveau préfet :
Monsieur José Jamhouri
Depuis septembre 2004, l'atmosphère est en effervescence dans la division des Terminales. Un vent de nouveauté y souffle avec l'avènement d'un nouveau préfet. M. José Jamhouri - puisque c'est de lui qu'il s'agit - a accepté de prendre en charge ce poste avec un objectif en vue : former les élèves des Terminales à l'autonomie.
Ce "100.000 volts au service des jeunes" nous a accordé une entrevue au cours de laquelle nous avons découvert une personnalité hors du commun et obtenu des réponses à des questions qui nous taraudaient.

1. Sur le plan personnel
Quel souvenir gardez-vous de votre parcours au Collège Notre-Dame de Jamhour ?
Parmi les évènements survenus durant mon parcours scolaire au Collège, l'introduction de la mixité a provoqué de grands changements dans notre vie de classe.
Par ailleurs, des professeurs, comme M. André Abou Chacra, P. Clément (professeur de philosophie à l'époque) et P. de Lagrevol (professeur de français et d'instruction religieuse en classe de 2de) m'ont beaucoup impressionné. D'autres personnes encore, à l'image de M. Touma Tahan (surveillant), m'ont marqué par leur charisme, leur pouvoir d'organisation et d'animation.
Quelles étaient vos ambitions à 18 ans ?
Du fait de la guerre et de la tension qu'elle suscitait, et comme beaucoup de jeunes à cette époque, je n'avais ni le temps, ni même l'occasion d'avoir des ambitions! En effet, le simple fait d'échafauder des projets à long terme représentait un luxe. Dans de telles circonstances, on pensait plutôt à choisir l'université qui présenterait le moins de risques au niveau de la sécurité.
Dans quelle catégorie d'élèves vous classez-vous (cool, intello, sociable.) ?
Il faut savoir qu'à l'époque où j'étais élève, le mot « cool » n'existait pas encore. On disait « sympa »!
A mon avis, ces trois qualités sont indissociables. En Te, j'étais passionné de philosophie, ne me séparais que rarement de ma guitare, et prenais part à l'organisation des évènements (par exemple, la messe de fin d'année).
Si vous étiez un livre, quel livre auriez-vous été et pourquoi ?
Je choisirais l'Evangile et Les identités meurtrières de Amine Maalouf.
L'Evangile est une révolution permanente; il renferme une part de défi et d'aventure, qu'on ne trouve dans aucun autre ouvrage.
Il traite de l'amour absolu, comme celui que voue le père à « L'enfant prodigue », un amour synonyme de confiance infinie.
Dans l'Evangile, tout repose sur l'amour et la confiance, et, Saint Augustin en résume parfaitement l'esprit en disant : "Aime et fais ce que tu veux".
Les identités meurtrières m'a soulagé d'un complexe. J'ai découvert mon identité : plus francophone qu'arabophone, je me sentais mal à l'aise, parfois "touriste" dans ma société. Or ce livre m'a fait comprendre qu'on pouvait assumer sans problèmes plusieurs identités à la fois.
Quels sentiments la guerre a-t-elle laissés en vous ?
J'étais engagé dans la guerre, et même si la « résistance » a perdu, je pense qu'au niveau personnel j'ai beaucoup gagné car j'ai combattu pour une cause à laquelle je croyais. J'ai appris l'importance de l'action, découvert que la résignation était nocive.
La guerre m'a aussi déçu car malgré toutes les souffrances et les misères qu'elle a causées, beaucoup de gens n'en ont rien appris.
2. Sur le plan professionnel
Comment êtes-vous devenu enseignant à Jamhour ?
De 1979 à 1981, M. Joseph Salamé et moi-même étions les deux plus jeunes professeurs à Notre -Dame de Jamhour. Cette expérience m'a beaucoup plu. Par conséquent, je n'ai pas hésité à reprendre mes activités d'enseignement après la guerre. J'ai en effet une passion pour la communication avec les jeunes, ce qui explique mon amour pour ce métier.
Qu'est-ce qui vous a poussé à abandonner votre carrière de journaliste pour consacrer tout votre temps à la préfecture ?
Vous !
Il m'a été très dur de quitter les bureaux de l'Orient Le Jour après 17 ans de journalisme. Cependant deux raisons m'ont poussé à prendre une telle décision. La première raison est d'ordre pratique : le journalisme est un travail de nuit, il est donc impossible d'être à la fois préfet et rédacteur. Quant à la deuxième raison, elle est d'ordre personnel : les articles que j'ai écrits m'ont permis de diffuser mes idées dans la société francophone du pays. C'est ainsi qu'après réflexion, j'ai décidé qu'il était grand temps d'agir sur le terrain et de passer à l'action.
3. En tant que préfet
Quelle est, selon vous, l'importance de la nouvelle charte de division des terminales ?
La nouvelle charte de division des Terminales est très importante puisque pour la première fois, une charte est élaborée en partenariat avec tous les membres du Collège (délégués, préfecture, tuteurs et intendance) La charte de division a permis de sensibiliser les délégués et les élèves au mode de fonctionnement de la démocratie. Ainsi, chaque partie a eu l'occasion de négocier certains points et chaque clause a été votée et approuvée à l'unanimité.
Joelle Ann Feghali et Jamale Rizkallah, Terminales
N.B. L'entrevue ne se trouve pas dans son intégralité sur le site, veuillez consulter le prochain numéro du Nous du Collège.