Nous du Collège n°270, février 2009
Éditorial du Nous du Collège n°270
Par Salim Daccache, s.j., Recteur


Dans le dossier de ce numéro du Nous du Collège, de jeunes rédacteurs ont voulu s'exprimer, sous le titre quelque peu provocateur « Le Monde est à nous !» pour expliquer comment ils conçoivent leur place dans le monde de demain. C'est ainsi qu'ils se voient citoyens de ce monde, bâtisseurs d'un Homme plus libre et plus engagé, rénovateurs des systèmes sociaux et politiques. Artistes dessinant un monde plus authentique, comptant sur leur sens impressionniste et immédiat. Professionnels de la science et des lettres, soucieux de l'environnement naturel et humain. Hommes et femmes solidaires les uns des autres dans un monde où la compétition fait rage...
Dans ma contribution à ce dossier, je me concentrerai sur un seul point : comment me préparer dans le quotidien de la vie scolaire, au niveau de mes activités les plus variées et de mes études, pour être et agir dans le monde de demain, qui sera le mien ?
S'il est vrai que les critiques adressées au programme scolaire lui reprochent son décalage d'avec la réalité vécue, il me revient pourtant en mémoire les paroles d'un illustre ancien, s'adressant en ces termes à ses jeunes cadets : « Soyez attentifs, tout ce que j'ai reçu comme savoir et méthodes, surtout au cours du cycle secondaire, je l'ai réinvesti dans mes études universitaires et aujourd'hui, dans ma vie professionnelle... J'avais un profond plaisir d'apprendre et d'expérimenter ; pour moi et pour de nombreux camarades, la vie scolaire était une aventure de formation de l'intelligence, du corps, du cœur et de l'esprit. »
Cette déclaration, venant d'une personne ayant fait l'expérience de Jamhour il y a une trentaine d'années, fixe les repères nécessaires et éclaire ceux qui sont pressés de saisir le monde de demain et de s'y engager. Autrement dit, celui qui veut et choisit de prendre le monde en charge doit acquérir, en marge de la réussite scolaire, certaines compétences à développer et à assumer, en prévision de la vie adulte :
Dans le domaine des études
Faire des choix et ne pas s'enfermer dans le virtuel
Il ne faut pas croire que ces compétences ne peuvent être acquises que sur les bancs de l'école. Si beaucoup d'entre elles sont découvertes et lentement assimilées pendant les heures de classe, d'autres sont mûries au cours des activités parascolaires, sportives, artistiques, sociales ou pendant les temps conviviaux des récréations. La maison, cadre par excellence de la vie familiale, est aussi responsable de l'acquisition de ces compétences, dans la mesure où la discipline de vie et des valeurs est un souci permanent et vital. L'interaction entre l'école, lieu de transmission du savoir et lieu de vie communautaire, et la maison aide le jeune à mieux se situer par rapport au monde qu'il a à accueillir et dans lequel il doit trouver sa place.
Des compétences ? Oui, elles sont nécessaires pour affronter le monde de demain, mais elles ne peuvent être acquises sans un milieu favorable qui les porte. L'Espérance et la confiance, ces deux vertus, portées par l'amour, permettent de donner un sens à la vie et de vivre l'ordinaire du quotidien comme quelque chose d'extraordinaire. L'Espérance et la confiance font de nous, dès aujourd'hui, des êtres passionnés qui veulent vivre le quotidien au service de l'autre. L'Espérance, c'est croire que tout est possible, que l'on est aimé et apprendre à aimer. Comment ?
Comment l'espérance et la confiance nous préparent-t-elles à recevoir le monde et à le changer ?
Imaginons un randonneur qui décide d'entamer une longue promenade en haute montagne. Que de préparatifs vont précéder cette randonnée ! Il va réfléchir au meilleur itinéraire, au matériel nécessaire, à l'équipe qui l'accompagnera, aux risques à prendre, aux obstacles à éviter... Chaque pas sera mesuré, chaque choix sera pesé sur ce chemin où, en dépit de toutes ses compétences seuls, la volonté, l'espérance, l'effort et la confiance en l'autre lui permettront d'avancer, de réussir et d'atteindre son objectif.
Se préparer pour que le monde soit à nous, pour aimer et participer, avec et pour les autres, à la création d'un monde réconcilié avec lui-même, d'un monde solidaire, d'un monde plus respectueux de l'environnement et d'autrui, suppose autant de préparation, autant de réflexion. Ceci n'est possible qu'avec le don de soi, le dépassement de soi, et l'amour jusqu'à la passion.
Saint Paul, dont nous célébrons cette année les 2.000 ans, était habité par l'amour d'une personne. C'est sur la route de Damas, alors qu'il s'apprêtait à aller persécuter les croyants, qu'il fut bousculé par Jésus-Christ. Une fois à terre, il s'est laissé pénétrer par l'amour de Jésus-Christ ; son avenir désormais était tracé, il était devenu un témoin et un annonceur de la Vie.
Le monde est à nous
Dossier réalisé par :
Que veulent devenir les élèves de Jamhour ?
Comment se forment leurs impressions des carrières envisagées ? Sont-elles le fruit de l'orientation dispensée par le Collège ? Les élèves sont-ils influencés, dans leurs choix, par des personnes de leur entourage ? Ont-ils effectué des recherches personnelles ? Quelles sont les universités qu'ils souhaitent intégrer et de quels facteurs tiendront-ils compte avant d'effectuer leurs choix ? Comment imaginent-ils la vie qui les attend ?
Quel sens donnent les élèves du cycle secondaire à leur départ imminent du Collège ?

Pour tenter de répondre à toutes ces questions, un groupe d'élèves a décidé d'élaborer le présent dossier « Le monde est à no
us ». Ils se sont répartis en équipes de travail. Un questionnaire a alors été élaboré et passé assez arbitrairement à des élèves des classes de 2de à Te. Les questions posées concernaient principalement les choix décisifs que tout élève doit effectuer, et qui déterminent sa vie d'adulte (filières, carrière, etc.). Parallèlement à ce sondage, des interviews ont été menées, auprès de jeunes universitaires et auprès d'Anciens du Collège, ayant, pour ces derniers, bien réussi dans leur vie professionnelle.
Prise de décision, conception du succès, regards portés sur l'avenir, autant d'interrogations que le dossier suivant se propose d'approfondir.
Interview avec Carla Aoun (Ancienne du Collège et étudiante à l'USJ)
J'ai trouvé que la transition entre le stade collégien et le stade universitaire n'est pas facile. Les premières semaines, voire le premier semestre à l'université est très difficile à vivre du point de vue psychologique, étant donné que le système de l'école est guidé, dirigé et limite même l'autonomie et l'initiative de l'élève. Alors qu'à l'université, dès le premier jour - même avant, lors de l'inscription - l'élève, futur étudiant, se retrouve seul face à toutes les responsabilités qu'il doit assumer sur les plans administratif et académique.
Au niveau des études, on passe d'un enseignement suivi à un autre système : celui où l'étudiant doit se prendre en main et poursuivre ses intérêts jusqu'au bout, puisqu'à l'université on ne bénéficie pas de l'accompagnement qu'on avait au Collège. Il n'y a personne pour vous suivre des yeux et vous rattraper si vous tombez... Bref, c'est un ensemble d'étonnement, d'anxiété, de désarroi, de peur d'un futur qui s'annonce différent du parcours scolaire auquel vous étiez habitué.
Parallèlement, un sentiment de fierté et d'enthousiasme accompagne cette nouvelle période de la vie.
Sur le plan émotionnel, j'ai été envahie, comme je vous l'ai déjà dit, par une grande déception, parce que je n'étais pas initiée à tous les changements qui m'attendaient. D'après moi, les systèmes scolaires souffrent d'une lacune : l'initiation des élèves au monde universitaire.
L'élève s'attend à sortir de sa « prison » qui est l'école vers la liberté tant rêvée. On croit pouvoir passer cette étape en marchant allègrement, mais la réalité nous surprend en nous prouvant qu'on est souvent incapable d'assumer cette liberté. Ensuite, en choisissant sa filière universitaire, l'élève s'attend à être passionné, dès la première année, par les études. Pourtant, dans la majorité des domaines, la première année se présente générale et théorique, et ne vise pas directement le choix effectué et les matières spécifiques du domaine. Certains étudiants, déçus, pourraient croire que le choix effectué ne correspond pas à leurs attentes. Finalement, cette période de transition nécessite beaucoup de patience puisqu'elle n'est qu'éphémère : l'élève finira par étudier les matières qui le passionnent.
Les écoles ont un rôle important à jouer pour faciliter le passage de l'élève vers le monde universitaire. Jamhour est déjà sur cette voie grâce au Centre d'information et d'orientation (CIO) mis à la disposition des élèves depuis quelques années. Le CIO a beaucoup aidé à orienter nos choix grâce aux différents modules et forums de métiers organisés. Il faudrait toutefois que le CIO puisse offrir davantage de stages aux élèves pour qu'ils soient en contact avec le marché du travail. Et cela est important parce que ça permet de réaliser quels sont les enjeux des métiers. De plus, le Collège devrait faire de l'autonomie son cheval de bataille, et ce, sur tous les plans : académique, mais surtout personnel. Enfin, des sessions d'initiation au système universitaire devraient être organisées entre les écoles et les universités pour assurer aux futurs étudiants une période de formation visant à se libérer de « l'esprit scolaire » et à être préparés à la phase universitaire.
Être ancien élève de Jamhour nous accorde un grand privilège. Un jamhourien se distingue des autres d'abord par l'éducation reçue qui, au-delà de l'académique, développe et forge des esprits ambitieux, en quête d'excellence, cultivés et ouverts.
Propos recueillis par Christia Aoun - 1re 4
« L'embarras est l'angoisse du choix » Albert Brie
Depuis notre plus jeune âge, nous sommes confrontés à des choix, des plus simples, comme glace au chocolat ou à la vanille, aux plus complexes comme aller au cinéma ou au théâtre. Par la suite, les alternatives sont moins superficielles et certains choix que nous serons amenés à faire engageront notre avenir.
L'avenir est entre nos mains, oui ! Et c'est de notre avenir qu'il s'agit ! Enfant, notre vie dépendait des choix de nos parents. Et puis arrive le jour où nous devons, en quelque sorte, couper le cordon ; tout ce que nous ferons de notre vie repose alors sur nos choix ! Des choix difficiles à entreprendre... Que choisir ? Comment ? Pourquoi ? Autant de questions que l'on se pose et auxquelles nous ne trouverons pourtant pas de réponses toutes faites, dans les livres, les annales ou les répertoires... « Si l'on travaille, c'est pour l'argent, alors mieux vaut dès le début choisir un métier rentable » ; « Mais non, faire ce que l'on n'aime pas ne mènera nulle part parce que nous le ferons mal » ; « Pour pouvoir vivre heureux, il faut avoir de l'argent » ...
« Il ne faut pas tout prendre au sérieux et notre vie dépend grandement de notre choix de choses que nous prenons ou avons prises au sérieux. » Daniel Desbiens
Interview avec Mike Ayvazian (Ancien et éducateur au Collège)
Dans un entretien qu'il a bien voulu nous accorder, M. Mike Ayvazian, coordinateur des matières artistiques et professeur de théâtre au Collège, a évoqué le problème des choix. En effet, M. Ayvazian a commencé par des études d'ingénierie (Mechanical Engineering) avant de changer complètement de cap, estimant que cette filière ne lui était pas destinée. Et ce changement de direction l'a mené à l'art du théâtre, qu'il exerce actuellement.
En 2e année universitaire, j'avais 19 ans, et j'étais en cours comme d'habitude. J'ai brusquement réalisé que je n'étais pas dans mon élément, que j'étais un artiste dans l'âme. J'ai aussitôt décidé de changer de filière, sans même attendre les résultats des examens que je venais de présenter. Je n'étais vraiment pas épanoui en engineering ; mon caractère passionné ne pouvait s'accorder de vivre dans la routine, et surtout, il faut aimer ce que l'on fait, alors que je n'aimais pas ce que je faisais.
J'étais, à l'époque, inscrit en Maths élèms., ce qui correspond aujourd'hui à une classe de SG. Comme j'étais assez bon au niveau des matières scientifiques (un des premiers de classe !), j'avais sciemment choisi de faire Maths élèms.
Ma mère m'a rappelé qu'enfant, je voulais devenir vendeur de kaaks (rires). Adolescent, je rêvais déjà d'être sur scène, mais je me disais qu'un tel métier ne me ferait certainement pas gagner ma vie !
Il n'y a pas de facteur spécifique, mais il faut savoir que pour mes parents, le théâtre n'était pas un métier, alors que devenir ingénieur était plus qu'honorable. De plus, au Collège, on me conseillait fortement d'opter pour les sciences, vu que j'étais assez bon dans ces matières. Autour de moi, en société, le théâtre ne représentait pas non plus la carrière idéale...
Je ne regrette absolument pas, bien au contraire, je suis très heureux d'avoir effectué ce choix-là.
Honnêtement, à ce niveau, l'avis des autres m'importe peu. Je suis bien dans ma peau, je suis convaincu de ce que je fais et je suis heureux. De plus, l'art du théâtre est un métier en soi. Pour ma part, je me suis plutôt consacré à l'éducation et j'aime beaucoup travailler avec des jeunes : une vocation peut-être héritée du CAS. J'ai un atelier et je donne des sessions ; un tel horaire vaut la peine d'être qualifié de carrière. J'ajouterai que j'ai des amis très aisés qui ont un train de vie insupportable. La routine dans laquelle ils vivent les rassure peut-être, mais je ne saurais jamais m'y adapter.
Intuitive. J'aurais dû y penser dès le début. À l'époque, nous n'avions pas les mêmes opportunités qu'aujourd'hui. Je ne me serais jamais douté de mes dons artistiques sans le CAS, qui m'a demandé un jour une mise en scène urgente pour une quelconque animation !
Au même choix sûrement, mais j'aurais peut-être fait les choses autrement. Avant de m'inscrire dans une filière de théâtre, j'aurais commencé par une filière littéraire qui aurait de loin facilité mon travail. En effet, au cours de mes premières années de théâtre, alors que j'excellais au niveau des techniques plutôt physiques et mécaniques du cours, je trouvais, contrairement à mes camarades, des difficultés en analyse de films.
Quand j'étais encore à l'école, contrairement à mes amis qui ont envoyé des tonnes de demandes à des tonnes d'universités, je me suis contenté d'envoyer une demande à l'AUB, pour des études d'ingénierie et une autre, pour l'architecture. Je n'étais pas convaincu, mais je n'avais pas d'autre choix. Je me serais peut-être acclimaté si je n'avais pas changé de cursus, mais cela n'aurait jamais été la même chose ; je n'aurais jamais bénéficié de cette liberté d'expression que j'ai acquise grâce au théâtre.
À l'école, il faut tenir compte de ce qu'on aime et de ce que l'on sait faire. Pendant ma crise de « mais qu'est-ce que je vais faire plus tard ? » on m'avait un jour conseillé de faire du théâtre. Quant aux études universitaires, elles devraient correspondre aux domaines où nous sommes le plus qualifié. Il en est de même pour le choix du métier, mais la chance joue un gros rôle dans tout cela.
Il faut leur offrir des chances d'essayer, ce que l'on appelle plus couramment les stages. Il est important qu'ils sachent se poser des questions problématiques, du genre « comment fait-on » et non pas « quoi faire ». Il est surtout important de savoir que changer de filière ou d'études n'est pas un dérapage mais un ajustement du chemin.
Juste « Trust your instinct! »
Du tout ! On peut avoir de l'argent sans pour autant être heureux. On ne vit qu'une fois, il faut plutôt chercher à « vivre » et non à « survivre ». De plus, si on aime le métier qu'on exerce, on y excelle.
Propos recueillis par Youmna Moacdieh - 1reH
« Il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l'on t'a confisqué ». Yasmina Khadra

Ce qui manque au citoyen libanais, c'est un sentiment de confiance en l'avenir, d'assurance, de quiétude, une garantie que tout ira pour le mieux. C'est ce vent d'optimisme qui a cessé de souffler, confronté au tumulte du quotidien libanais. Ce qui est recherché est une promesse de lendemain heureux, d'engagement à long terme. C'est ainsi que l'être humain prend refuge dans le monde du rêve, se crée un cocon. C'est alors que rêver devient l'unique alternative aux yeux des Libanais. Qui, mieux placés que les jeunes étudiants tout fraîchement instruits, pour essayer de mener à bien leurs rêves et les attentes liées à leur avenir ? En voyant leur pays en difficulté, en voyant leur pays lutter pour être reconnu, une lueur d'espoir apparaît dans les yeux de ces écoliers qui, plus que jamais, veulent se démarquer et montrer au monde de quoi ils sont capables. Les Jamhouriens ne font pas exception à la règle : arrivés au bout de leur parcours scolaire, au moment crucial de prendre une décision, ils ne sont pas toujours conscients qu'ils sont en train de s'engager de plus en plus dans l'actualité libanaise et qu'ils ont le pouvoir de faire bouger les choses, de participer à la construction de leur pays. Ils sont l'avenir. Jeunes écoliers : Le monde est à nous !
« C'est le succès qui fait les grands hommes » disait Napoléon Ier. Mais qu'est-ce que le succès ? Comment peut-on le mesurer ? Le Grand Larousse le définit comme un résultat heureux, une réussite qui dépend inéluctablement de l'approbation d'autrui.
Est-ce ce que l'on fait qui définit l'homme que l'on est devenu ? Ou plutôt est-ce l'homme que l'on est devenu qui définit ce que l'on fait ? Cette vision du succès diffère d'une personne à l'autre. Pour certains, le succès est celui de l'argent, celui de la puissance, du pouvoir. Pour d'autres, le succès c'est le plaisir de pouvoir se dévouer corps et âme à autrui.
À notre sortie du Collège, le monde nous attend, avec des possibilités de carrière incalculables dans d'innombrables secteurs. Les Anciens de notre école ont prouvé que les frontières ne constituaient pas d'obstacle notable pour les Jamhouriens ; ils sont passés maîtres dans l'art de s'intégrer dans tout genre d'environnement, en sachant profiter de chaque opportunité. Certes, il faut du temps pour arriver aux buts fixés, persévérance et rigueur devant être au rendez-vous, mais nos Anciens de Jamhour ont tant accompli qu'ils sont aujourd'hui au-devant de la scène dans monde de la finance, des affaires, de la politique et des arts. Quelles sont donc les valeurs qui ont fait leur succès ? Quels parcours ont-il suivi à leur sortie de l'école ?
Sandra Geahchan - SV2
La situation des anciens vivant à l'étranger est certes bonne et ne cesse de s'améliorer, mais ceci ne les empêche pas de garder contact avec le Liban et de participer tant bien que mal à sa reconstruction. C'est ainsi que Habib Kairouz fonde, en 1997, avec un groupe d'expatriés libanais vivant à New-York une association à but non lucratif. Cette association, qui porte le nom de SEAL, (Social and Economic Action for Lebanon) a contribué à combattre la pauvreté au Liban en fournissant des aides financières et matérielles à divers secteurs dont l'agricole, le touristique et l'éducatif.
Du côté des jamhouriens, la JAUS (Jamhour Alumni US) a organisé le 21 novembre 2008 sa cinquième réunion de levée de fonds, à New York. Cette organisation, qui a pour but d'aider le Collège en participant au financement des bourses scolaires, a collecté cette année plus de 200.000 dollars, ce qui équivaut à 70 nouvelles bourses. Anciens et amis de Jamhour contribuent toujours à miser sur l'importance du « véritable investissement qu'est l'éducation », comme l'a souligné le Dr Gabriel Sara (Promo 1972), président et membre fondateur de la JAUS, dont la devise est « Une nation éduquée ne meurt jamais ».
Carlos Ghosn, Promo 71, PDG de Nissan Renault, était aussi présent lors de cet évènement. Sa success story a inspiré bon nombre d'étudiants. Devenu une référence en terme de corporate management, Carlos Ghosn a pu faire, d'une compagnie accumulant jadis les pertes et les dettes, un numéro un mondial, et s'ancrer à jamais dans l'histoire de l'automobile. Dans son livre Citoyen du Monde, il prône l'éducation dispensée par les jésuites, faisant allusion à sa scolarité à Jamhour : « Les jésuites, cela a été très important pour ma formation. Ils dispensent une éducation dans laquelle la discipline est très importante, mais également la compétition, le défi permanent, un système de classement qui incite les élèves à se dépasser. Mais, en même temps, les jésuites sont connus pour promouvoir une très grande liberté intellectuelle. [...] Quand j'ai quitté les jésuites, j'avais un sens de la discipline, de l'organisation, de la compétition, et puis le goût du travail bien fait ». Mettant en avant la dispersion des jamhouriens à travers le globe, Carlos Ghosn qualifie l'ordre des Jésuites comme « première multinationale au monde ».
Propos recueillis par Marylynn Antaki - SV3, Sandra Geahchan - SV2, et Lony Tehini - SV1

Ancien, Promo 62, Amine Gemayel est issu d'une famille proche de la communauté jésuite, et dont la plupart des membres ont effectué leurs études chez les jésuites. À sa sortie de Jamhour, il a entamé des études de droit à l'Université Saint-Joseph jusqu'en 1969. Président de la République libanaise de 1982 à 1988, il porte aussi l'image d'un leader politique qui a marqué l'histoire du Liban contemporain. Amine Gemayel a bien voulu nous accueillir et répondre à nos questions, nous faisant part de ses expériences et de son parcours au Collège, où il apprit, nous dit-il, les valeurs de l'engagement, de la rigueur et du patriotisme.
À mon avis, le côté humain conditionne les différentes étapes par lesquelles nous passons. Que je sois étudiant, père de famille ou président, le fait d'avoir gardé mon côté humain, d'être toujours revenu aux principes de mon éducation et de ma formation, et l'ambiance familiale dans laquelle j'ai baigné, sont les facteurs qui ont influencé les différentes étapes de ma vie. Il ne faut jamais dissocier ces valeurs de sa carrière pour pouvoir toujours rester entier.
Si je devais poursuivre une autre carrière, je me serais dirigé vers l'art, empruntant un chemin plus artistique et culturel. Mais compte tenu de mes antécédents familiaux, une carrière dans la politique s'annonçait comme évidente. La politique ne m'a tout de même pas empêché de m'intéresser à l'art ou à la culture, comme le montrent les projets de la Maison du Futur qui vise à l'éveil artistique.
Une longue lignée de la famille Gemayel a fait ses études chez les jésuites. De cette éducation, j'ai tiré les principes et les valeurs qui font partie de ma vie quotidienne. J'ai appris les valeurs chrétiennes, la vertu, la tolérance, l'attachement à l'éthique, la discipline, la rigueur, l'engagement à outrance.
Mais le plus important reste la détermination ; nous pouvons détenir tout le savoir et la connaissance du monde, sans détermination nous ne pouvons arriver nulle part.
C'est un tout, et c'est cela qui fait la différence et donne de la consistance à une personne.
Au Liban, chaque maronite est déjà un candidat potentiel à la présidence (rires). Ça a toujours été dans le vent, vu que je venais d'une famille bien imprégnée de politique. Nous avions déjà deux présidents en famille. C'est le cours de l'histoire qui a déterminé cela.
Pendant mon cycle secondaire, on était très engagés dans le scoutisme, l'assistance aux personnes en difficulté, les visites des camps palestiniens.
Nous avions aussi fondé une revue, Évasion, dans laquelle nous prônions notre engagement culturel et artistique. J'ai essayé d'organiser ma vie de manière à pouvoir toujours faire du bénévolat.
Le succès pour moi, c'est avant tout d'être en paix avec soi-même. C'est avoir la satisfaction d'être utile à la société, d'avoir fondé, créé, réalisé quelque chose, que ce soit modeste ou pas ; l'important est d'apporter sa contribution.
Je suis fier d'avoir mené à bien, tout au long de ma vie, bon nombre de projets. Je peux donc dire que je suis en paix avec moi-même.
Si Jamhour m'a appris quelque chose, c'est bien de rester discret, entier, et de garder les pieds sur terre. Je suis convaincu d'une chose : l'éducation fournie au Collège est une éducation pluridimensionnelle, qui vise à former les prochaines élites de l'avenir. Les élèves de Jamhour devraient réaliser que le Collège les forme surtout à trouver leur vocation. Et, ils ont chacun une mission, celle d'agir en en conséquence, de donner le meilleur d'eux-mêmes.
La jeunesse doit s'accrocher dans ces moments difficiles, mais le verre est beaucoup plus plein que vide. Il faut se battre pour un Liban meilleur qui sera à l'image de tous les efforts déployés.

Gabriel Yared, Promo 66, est né au Liban en 1949 où il a vécu jusqu'à l'âge de 18 ans. De 4 à 14ans, l'essentiel de sa vie s'est passé au pensionnat, chez les jésuites à Beyrouth.
Depuis 1980, il consacre l'essentiel de son activité à la composition de musiques de films - plus de soixante-dix à ce jour - dont plusieurs lui ont valu de prestigieuses récompenses. En 1997, sa notoriété s'impose au niveau international : il obtient, entre autres, un Oscar, un Golden Globe et un Grammy Award pour la musique du film « The English Patient » d'Anthony Minghella. Il compose aussi la musique d'autres films qui ont connu un franc succès comme « Troy », « Cold Mountain » ou encore « City of Angels ».
Pour son talent hors du commun et sa passion pour le domaine musical, le parcours de Gabriel Yared est celui d'un élève qui a su suivre ses rêves et réaliser ses ambitions jusqu'au bout. Il a accepté de nous faire part de son expérience personnelle et de sa conception du succès.
« Je suis rentré pensionnaire chez les pères jésuites à 4 ans et j'y suis resté jusqu'à l'âge de 14 ans. Sans m'étendre sur d'inutiles détails, tous mes souvenirs de cette époque sont tombés dans un puits sans fond, comme il arrive souvent quand on veut oublier ses "petites peines d'enfant".
Cependant, les rares souvenirs qui émergent sont toujours rattachés à la Musique : la première fois où j'ai entendu le son de l'orgue en provenance de la tribune de l'église de l'Université Saint-Joseph à Beyrouth ; la première leçon de piano avec Bertrand Robillard, lui-même titulaire de l'orgue de l'Université ; la première réunion de chorale avec le père Mayet et le déchiffrage d'un choral à quatre voix de Jean-Sébastien Bach ; et puis la première fois où j'ai été autorisé à accompagner, sur l'harmonium, les messes latines de 6h30, juste après le réveil des pensionnaires et avant leur petit-déjeuner.
En fait, ma scolarité s'est déroulée au rythme de mon seul intérêt, cet intérêt qui s'est transformé plus tard en passion, la Musique.
Je ne pense pas que ma scolarité m'ait « aidé » dans le choix de ma carrière car, je vous le rappelle, une carrière d'artiste ou de musicien était fort mal perçue dans les années 60 et peut-être bien encore aujourd'hui... Mais je considère que ma scolarité m'a ouvert certaines portes : j'ai eu à Jamhour beaucoup d'opportunités, celle de pratiquer la musique chorale, celle de pouvoir apprendre le piano, de participer aux fêtes de fin d'année en créant un petit orchestre, et plus tard la possibilité de jouer de l'orgue pendant les offices... Toutes ces opportunités m'ont conforté dans l'idée que je devais, comme je le savais pertinemment au fond de moi, me destiner au métier de compositeur.
Je tiens à dire à ceux qui rêvent de prendre leur envol qu'il ne leur suffira pas d'être passionné. Il vaut mieux être confronté à des obstacles, à des obligations autant que je l'ai été moi-même, à savoir l'obligation de réussir à passer d'une classe à l'autre, de passer mon bac français et mon bac libanais, de faire deux années de droit (car mon père jugeait que la musique n'était pas un métier) et tant d'autres devoirs et restrictions... Et on découvre, bien plus tard, que ces obstacles étaient nécessaires, essentiels à votre évolution car ils deviennent des leviers qui vous permettent de vous forger, de vous dépasser et aussi de tester votre endurance et le bien-fondé de votre passion.
Quant à ma conception du succès... je n'en ai pas. Le succès provient d'un jugement public, d'une reconnaissance pas toujours justifiée, souvent peu éclairée, et, à mes yeux, le plus important ne réside pas en cela. »
Sami Khayath, Promo 63, est un comédien qui nous a tous fait rire grâce à la légèreté, l'interprétation et le rocambolesque de ses textes. Il produit, dirige, et interprète ses propres spectacles qui ont été joués dans plusieurs pays en passant par la France, la Suisse, les États-Unis, l'Afrique du Sud...
Je me présente : Samy Albert Khayath, passionné d'études et de communication. Amoureux de la nature dans tous ses états.
Je rêvais d'Hollywood depuis l'âge de 12 ans. J'ai appris l'anglais en 23 leçons particulières pour pouvoir aller aux USA (À mon époque, le Collège enseignait uniquement le français, l'arabe et le latin)... Mais je suis resté au Liban pour réaliser mes rêves.
Je n'ai jamais changé d'avis, tout en ayant toujours en tête le désir d'accumuler les diplômes universitaires et de m'investir dans des activités aussi nombreuses que diverses.
Jamhour m'a donné une solide éducation et une éthique de vie qui m'ont permis d'être un "self-made-man". Mes éducateurs m'ont encouragé à développer mes talents de créateur et d'acteur, alors que le Collège m'offrait une tribune en or pour exercer des activités artistiques variées (théâtre, musique, diction...). Ceci m'a permis, une fois bachelier, de voler de mes propres ailes.
Si je devais aligner toutes les activités que j'ai exercées à ce jour, j'aurais aujourd'hui 180 ans, car j'ai simultanément cumulé les diplômes universitaires (pas moins de 5) et les nombreux postes dans le privé et le public, le tout exercé concurremment et solidairement, vu que toute connaissance a un dénominateur commun avec une autre (banque, affaires étrangères, publicité, professorat, télévision, radio, animations, magie, bénévolat, protection animale... et 45 ans d'affilée de spectacles professionnels).
Conception du succès ? Travail acharné, recherche permanente du perfectionnisme dans n'importe quelle activité, joie dans le travail, fidélité et sincérité tous azimuts.
J'ai presque accompli mes objectifs. Le temps m'a manqué d'écrire des livres et... de faire du cinéma. Mais cela ne saurait tarder. Je suis jeune, je n'ai pas encore 200 ans.
Polyvalence sans nonchalance, vaillance sans défaillance, exigence sans insolence. Croyance sans offense... et en tout : excellence, élégance, déférence.
Fondateur et président d'Invus Group, compagnie spécialisée dans le rachat d'entreprises du secteur agroalimentaire, ayant plus de quatre milliards de dollars d'actif sous gestion, Raymond Debbané a suivi sa scolarité à Jamhour jusqu'en 1972, année où il obtient son bac. Il a ensuite fait des études d'ingénieur agronome à l'AUB avant de s'embarquer pour les États-Unis où il obtient un MS en Food Science and Technology de l'université de Californie et un MBA de Harvard Graduate School of Business.
Raymond Debbané, resté très proche de sa terre natale, soutient plusieurs associations qui apportent soutien et aides au Liban, tel SEAL (Social and Economic Action for Lebanon).

Pas vraiment. J'étais en classe de sciences expérimentales et tous les élèves de ma classe voulaient faire médecine. Je savais que je ne voulais pas embrasser de carrière médicale traditionnelle, ni poursuivre des études de droit ou d'ingénierie. J'ai finalement décidé de me lancer dans des études d'agronomie à l'AUB, puis j'ai fait un M.S. en Food Science and Technology avant de me diriger finalement vers le business (MBA à Stanford).
D'une manière indirecte, dans le sens où ma scolarité m'a donné une formation qui m'a permis d'exceller à l'université américaine et donc, éventuellement, d'avoir la possibilité de rentrer dans le meilleur programme de l'époque de MBA aux USA, ce qui m'a lancé ensuite dans ma carrière de businessman.
Oui, j'aurais bien aimé faire du bénévolat pendant un an, à condition d'avoir la certitude d'être accepté à l'université de mon choix l'année suivante.
Pour moi, le succès signifie bien faire un métier qui vous passionne.
Je n'avais pas d'objectifs précis au départ. J'ai accompli avec passion et perfectionnisme chaque mission qui se présentait à moi, et j'ai su saisir les bonnes opportunités. Une fois atteint un certain succès professionnel, j'ai voulu consacrer une partie de mon temps et de mon argent pour aider d'autres à réaliser leur potentiel.
Intégrez dans votre vie professionnelle les hauts standards d'exigence que Jamhour vous a inculqués et trouvez le métier qui vous passionne et où vous pourrez donner le meilleur de vous-même, le succès financier n'est qu'un sous-produit de votre succès professionnel et ne doit pas être votre objectif.
Habib Kairouz est un managing partner de Rho Capital Partners et Rho Ventures, une firme de private equity siégeant à New York et gérant 2,5 milliards de dollars de capitaux. Promotion 84, ancien de Jamhour, il a effectué une double licence en économie et génie à l'Université de Cornell, et un MBA à Colombia University.
J'avais comme la vague idée que je voulais intégrer le monde de la finance mais je ne savais même pas que le domaine du Venture Capital (mon domaine de travail actuel) existait. Je pensais plutôt au secteur bancaire.
Ma scolarité a Jamhour a été la fondation de base de ma vie d'étudiant qui, elle, m'a permis de poursuivre mon choix de carrière. C'est grâce à Jamhour que j'ai été à Cornell et à Columbia ; le niveau d'éducation des jésuites est effectivement très apprécié par les universités aux États-Unis.
Probablement pas. À mon avis, l'éducation universitaire est un atout à long terme qui n'est parfois pas apprécié à court terme. Si j'avais retardé ma rentrée à l'université, j'aurais peut-être apprécié un peu trop ce temps « sabbatique » et abandonné mes plans universitaires, ce que j'aurais probablement regretté par la suite.
Le succès professionnel c'est arriver à atteindre le but qu'on s'est fixé tout en aimant ce qu'on fait ; c'est s'y consacrer au maximum, en respectant l'éthique professionnelle et en partageant ce succès avec ses collègues et ses associés.
Pas tout à fait encore, mais je pense être sur la bonne voie. Je suis heureux des opportunités dont j'ai bénéficié pendant mes 20 premières années de travail, mais mes objectifs actuels ciblent plutôt les 20 prochaines années.
Oui. Notre plus grand atout est notre éducation. Les Libanais le prouvent partout dans le monde. Il est temps de le prouver chez soi. Quelles que soient les opportunités de travail à l'étranger, il faut œuvrer à créer les mêmes opportunités au Liban un jour.
Marié et père de famille, installé aux États-Unis, Gabriel Sara est un oncologue célèbre que les distances n'effraient pas. Il ne rate pas une occasion, à chacun de ses séjours au Liban, de rendre visite à son Collège. Il est par ailleurs président et membre fondateur de la JAUS (Jamhour Alumni US).
Je pensais devenir ingénieur.
Oui, après ma première année en licence de physique/math, j'ai découvert en fait que la médecine était ma passion et j'ai présenté mon concours d'entrée à la Faculté française de médecine.
Je ne pense que je l'aurais fait, mais aujourd'hui, il semble que ce pourrait être une excellente idée pour certains étudiants.
Rentrer le soir chez soi, sentir que nous avons contribué à l'amélioration du monde qui nous entoure et ramener dans notre famille une atmosphère de bonheur et d'amour épanouissante.
Ne vous lancez pas dans une carrière parce que vous avez entendu : « c'est un beau métier ou bien ça vous rapportera de l'argent ou bien ce métier a une belle réputation... ou bien, il faut imiter ton père ou ta mère, etc». C'EST UN CHOIX QUI VOUS APPARTIENT, il n'est pas pour le plaisir des autres (inclus le plaisir de vos parents !). Vous devez le mettre dans vos mains ( en Anglais on dit souvent : TAKE OWNERSHIP !!)
Ne soyez pas sous pression au moment de faire des choix importants de votre vie estudiantine/professionnelle, alors que vous n'avez que 17-19 ans.
Votre priorité est de DÉCOUVRIR QUI VOUS ÊTES, de découvrir qu'est-ce qui vous fait vibrer tous les matins ! De découvrir ce qui vous pousse à bâtir une cathédrale tous les jours.
Intéressez-vous à beaucoup de choses, parlez avec de gens PASSIONNÉS par leur vie/leur métier, entrez dans vos sentiments les plus profonds pour explorer vos passions, lancez-vous sans avoir peur de vous casser les dents, n'ayez pas peur d'être déçu car c'est comme ça que vous découvrirez votre cœur et vos tripes. Mordez la vie à pleines dents. Faites du bénévolat, prenez des risques, engagez-vous.
Si vous commencez des études et que vous voyez que vous n'êtes pas heureux, ayez le courage de remettre vos choix en question : vous réaliserez que vous avez fait fausse route et que vous devez changer de cap, ou bien vous vous accrocherez parce que vous serez convaincu d'avoir effectué le bon choix. S'il le faut, N'AYEZ PAS PEUR de « perdre une année »... Cette année n'est JAMAIS perdue si elle vous a permis de faire le bon choix de vie.
J'ai soit-disant « perdu une année de ma vie en passant de génie en médecine », eh bien, cette année-là m'a permis de changer de cap. C'était une année qui m'a permis de réajuster le tir et aujourd'hui, je suis passionné par mon métier et heureux tous les jours de le pratiquer. Je rentre chez moi le soir, parfois épuisé, même vidé, mais toujours heureux, avec le sens du devoir accompli. Mon épanouissement personnel a un effet direct sur l'épanouissement de ma famille et de ceux qui m'entourent.
L'urgence chez les jeunes n'est pas de penser que l'on doit TOUT DE SUITE choisir une carrière sûre. L'urgence, c'est de comprendre qu'il faut d'abord se chercher soi-même et se découvrir... Une fois que l'on a fait ce cheminement personnel, eh bien, là, on a une bonne chance de découvrir les études et la carrière qui probablement nous épanouiront et nous mèneront au bonheur.
Finalement, levez-vous tôt ! la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt. C'est le moment privilégié pour méditer un peu, réfléchir, travailler, lire sans être interrompu... Des moments très précieux dans les journées folles de notre société d'aujourd'hui.
« La maturité s'obtient lorsque nous nous sentons en mesure de nous approprier lucidement notre existence, de nous en faire l'auteur, de signer chacun de nos choix en notre nom. » Vincent Cespedes
Nos trois dernières années au Collège sont cruciales. Nous devons faire des choix, prendre des décisions capitales quant à notre avenir, nous lancer à la recherche de la meilleure université, en un mot, choisir la vie que nous aimerions avoir plus tard. Bien sûr, nous sommes jeunes et le monde est à nous ! Nous nous sentons invincibles et prêts à façonner ce monde à notre guise. Certains ont des rêves depuis l'enfance, ils savent ce qu'ils veulent être, où ils veulent être et comment faire pour atteindre l'objectif fixé. D'autres tâtonnent encore, reproduisent les schémas familiaux pour finir par se trouver un peu plus tard. Mais qu'importe, il nous faut trouver un équilibre entre l'utopie et le réalisable, prendre des décisions qui nous font plaisir à nous et qui nous conviennent personnellement, car entre rêves et réalité....
À partir de la classe de seconde, nous commençons sérieusement à penser à notre avenir. Grâce au CIO, nous avons un aperçu des différentes filières qui s'offrent à nous. Le Collège intervient pour nous guider dans nos choix à partir des tests de connaissance de soi, des vérifications des compétences, des conférences données par des spécialistes dans divers domaines...
Pourtant, au moment du choix, certains d'entre nous voient s'exercer sur leur décision plusieurs influences. Celles des parents d'abord. Beaucoup de pères rêvent de voir leurs enfants reprendre le métier, profiter de ce qu'ils ont mis des années à bâtir et développer, d'autres au contraire, rêvent pour leurs enfants d'un meilleur avenir que le leur, des études plus poussées, une plus grande reconnaissance sociale... Mais le choix est tributaire aussi des aptitudes de chacun. On peut se rêver astronaute, artiste, avocat ou inventeur, mais à un moment donné, il faut se demander si nous avons vraiment la capacité, le talent requis pour devenir ce que nous voulons vraiment. En d'autres termes, il nous faut trouver un équilibre entre ce qui nous fait rêver et ce que nous pouvons être, sans perdre de vue le facteur financier.
Est-ce que tel ou tel métier me permettra de gagner ma vie convenablement ? De devenir autonome financièrement ? Est-ce que j'étudie au Liban ou ailleurs ? Ma carrière, je la conçois au Liban ou à l'étranger ? Voilà des questions que beaucoup d'adolescents se posent quant à leur avenir. Même si nous avons l'impression de tenir le monde entre nos mains, beaucoup d'entre nous ne perçoivent pas clairement leur avenir. C'est en fonction du métier envisagé que les adolescents d'aujourd'hui décident s'il vaut mieux rester ou partir. Pourtant, la majorité écrasante d'entre nous préfère rester au Liban car bien sûr la vie y est plus facile, l'ambiance plus familiale et conviviale, mais surtout, beaucoup ressentent un attachement viscéral à leurs racines et envers leur pays.

Notre petite enquête auprès des classes du secondaire, pour savoir quels sont les métiers qui attirent le plus a donné ce qui suit :
La grande majorité des élèves de Jamhour s'intéresse aux domaines scientifiques tels que la médecine et le génie. Cependant, l'architecture et l'audiovisuel attirent de plus en plus les jeunes. Par contre, les domaines juridiques et économiques semblent moins les intéresser, et selon plusieurs d'entre eux, la recherche, les sciences humaines et le sport n'offrent pas de débouchés.
La plupart des adolescents que nous avons interrogés avaient une idée claire et précise du métier envisagé. Une fois de plus, c'est la médecine et le génie qui l'emportent chez les garçons alors que chez les filles, beaucoup ont parlé de stylisme, d'architecture, d'architecture d'intérieur, de publicité et marketing, de psychologie, de pharmacie... Paradoxalement, elles sont conscientes que ces métiers ne sont pas très rentables mais elles les choisissent quand même. Il faut peut-être y voir le reflet de la société libanaise où l'homme assure souvent la grande partie des revenus du couple !
Aujourd'hui comme hier, les jeunes ont des rêves plein la tête. Certains ambitionnent de réussir dans la carrière choisie, de gagner bien leur vie et pourquoi pas de devenir célèbres. D'autres, plus idéalistes, rêvent de changer le monde, de se battre pour leurs idéaux de liberté, de justice et de droits de l'homme, mais tous se voient bons citoyens, prêts à tout mettre en œuvre pour atteindre leurs objectifs.
Finalement, le choix d'un métier n'est pas chose aisée, et les possibilités offertes immenses. L'avenir qui s'offre à nous, les jeunes, n'est pas si simple à prédire et le futur pas si évident à conjuguer. Pourtant, avec un peu d'ambition et beaucoup de travail, nous réussirons à tracer notre chemin en conciliant désirs et réalité. C'est à nous de prendre le monde à bras le corps et de tout mettre en œuvre pour que nos rêves deviennent réalité !
Alexandre Mécattaf
et Andréa Mouradidès
1re1
Rubrique Action sociale
Action sociale : solidarité avec l'irak (CSG)

En général, les gens rechignent à s'occuper des personnes âgées, des têtes blanches comme dit M. Taoutel. Ils sont moins mignons que les enfants, moins fascinants que des personnes gravement handicapées ou malades, souvent revêches, fragiles. Et puis, il y a cette aura, indéniable, de vieillesse, qui donne l'impression de voir débarquer des gens d'une autre planète, des gens qui ont été comme nous et comme qui nous serons plus tard, mais des extraterrestres tout de même. D'un autre temps. Ils sont bossus, noueux, secs, énormes ou faméliques, ridés, branlants. Ils parlent une langue étrange, ressassent de vieilles histoires, ils sourient pour eux-mêmes et s'attachent à des détails qui nous agacent. C'est pourquoi j'ai hésité à lever le doigt quand on a réclamé des volontaires pour aller servir un repas dans un restaurant à des vieillards venus de différentes associations regroupées sous la tutelle de Rifaq el Darb.
Car servir, c'était accueillir.

C'était leur sourire, leur parler, leur tenir la main, quand souvent, on n'a pas envie de sourire, quand on ne sait plus quoi dire, quand la main tendue est déformée par l'arthrose.
C'était les guider, les écouter, les comprendre, quand ils sont cent à appeler d'une voix qui geint ou qui exige.
C'est une bonté qui ne coule pas de source. C'est l'amour du prochain, mais l'amour ardu, l'amour qui doit se battre contre les premiers élans de peur, d'incompréhension, de dégoût.
C'était un défi.
Je crois que je n'aurais pas pu s'il n'y avait eu ce premier sourire.
Elle est descendue du bus, sans aide. Elle était très maquillée, elle avait mis beaucoup de parfum, et des bijoux clinquants. Elle a pris mon bras, c'est elle qui me portait, et elle me parlait d'une voix de confidence. Son sourire était plein d'assurance. Elle avait fait des pieds et des mains pour être là. Elle m'a donné de la force pour le reste de la journée. Cette journée, elle serait pour elle qui avait voulu venir, qui avait voulu sourire à une grande bringue qu'elle ne connaissait pas, comme ça, gratuitement.
Comme un don, elle qui venait pour recevoir.

Le reste se perd dans un tourbillon de couleurs, d'odeurs, de visages. Je sers la nourriture en renversant les verres, je donne deux portions à tel vieil homme et oublie tel autre, je lance des regards de détresse à une camarade lorsqu'une petite vieille s'agrippe à mon pull et me supplie, quand le Père Noël va venir, de lui chiper un cadeau de plus pour son mari qui est cloué au lit. Flot de paroles, de lumières, de musique. La naine est soulevée en l'air par une dizaine de mains. Un gosse venu de nulle part sème la panique dans la foule. Un autre dévore la pâte dentifrice du tube que je lui ai donné. Une grande femme en noir, au visage ridé et creusé, porte un bébé dans ses bras et le fait danser en chantant très bas. Plus loin, un cercle de têtes blanches tourbillonne, entraîné par des volontaires.
Je m'éloigne un peu pour les regarder. Ils sont heureux, ils sont furieux, ils sont braillards et debout, ils sont vivants.
Je me lance sur la piste avec un vieil homme en veste bleue au nez en forme de pomme de terre, bonnet enfoncé jusqu'aux oreilles. Il m'entraîne dans un slow rapide, nous nous marchons sur les pieds, c'est qu'il tremble et que moi j'ai autant de grâce qu'un poulain qui vient de naître. Il fourre sa tête dans mon cou, et soudain, fond en larmes. Je n'ose plus bouger, sens les larmes couler au creux de mon épaule.
Viennent les Pères Noël et là, c'est la foire aux cadeaux. Les vieux ont de pauvres ruses, des gestes furtifs pour voler des cadeaux (un paquet contenant quelques vêtements) supplémentaire. Nous devons repérer ceux qui cachent des sacs sous leurs vêtements et les reprendre. C'est pitoyable, et je rougis en détournant le regard lorsqu'un minuscule personnage de quatre-vingt dix ans enfouit vite deux paquets dans sa ceinture. Un Père Noël poursuit une centenaire dans la foule, mais elle est plus rapide que lui et disparaît, le laissant avec une hotte vide. C'était son dernier cadeau.
À l'heure du départ, je les regarde s'engouffrer dans leur bus avec soulagement. Je retourne chez moi, loin de leur misère, de leur vie fragile et vacillante, de leur solitude. Loin de cette vieille dame, grande et mince, assise sur un fauteuil roulant et se tenant droite comme une lady et me demandant : « Mais pourquoi j'oublie ? Comment elle s'appelle ma fille déjà ? Dis-moi, toi comment tu t'appelles, comment tu t'appelles ? Pourquoi j'oublie tout ? », essayant de rire et pleurant dans le vent de décembre.
Loin d'eux.
Mais incapable d'oublier leur regard, leur odeur de tabac froid et de moisi, leurs mains osseuses s'agrippant aux nôtres pour ne plus les lâcher, avec l'espoir et l'ardeur de ceux qui veulent vivre encore.
Nous leur avons rendu le sourire, mais pour combien de temps ?
Mia Jamhouri - TH

Groupe Missionnaire de Jamhour
Articles parus dans le Nous du Collège N°270 -Février 2009
Les pères jésuites
Pour mesurer l'ampleur du choc de l'élection de Barak Obama à la magistrature suprême aux États-Unis, il serait tentant de reprendre l'allusion qu'il a lui-même formulée lors de son investiture : à savoir que son propre père, à cause de sa couleur, n'aurait pas été servi dans certains restaurants des États-Unis, il y a de cela une quarantaine d'années. Ce choc salutaire n'a pas manqué de susciter des réflexions partout dans le monde. Même au Liban, les paris allaient bon train cet été : passera, passera pas ? Nombreux étaient ceux qui considéraient que le racisme n'étant pas mort aux États-Unis, l'Amérique ne porterait pas un homme de couleur à la présidence.

Pour les nombreux inconditionnels d'Obama, l'élection de ce dernier représentait une rupture avec l'image des États-Unis, puissance capitaliste et impérialiste. Incarnant le bien absolu, Obama serait un ange noir, appelé par enchantement à résoudre tous les problèmes du monde.
Mais n'y aurait-il pas une voie médiane ?
Il ne fait pas de doute que l'élection de Barak Obama représente un formidable renouveau pour les États-Unis, renouveau qui ne manquera pas de se répercuter aux quatre coins de la planète. Formidable avancée des « Civil Rights », il était jusqu'à hier difficilement concevable qu'un descendant des Afro-américains, communauté ayant tant donné pour l'Amérique mais étant tout de même restée dans un statut social d'infériorité, puisse être appelé à présider aux destinées des États-Unis.
Si le Ku Klux Klan est bien mort, si les idées qu'il a véhiculées ne sont plus de mise, nombreux étaient ceux qui, sous cape, refusaient à un noir l'égalité socioculturelle avec les blancs. L'élection de Barak Obama, due principalement à sa forte personnalité, à sa culture et à son érudition, vient infliger un camouflet à ceux qui, jusqu'à il n'y a pas si longtemps, lui déniaient à cause de sa couleur toutes ces qualités.
Politiquement, l'élection est hautement symbolique, puisque après une décennie de pragmatisme et de soutien aux divers lobbies économiques aux États-Unis (industrie lourde, armement...), ne voilà-t-il pas que Barak Obama vient opérer un retour aux sources, vers les principes moraux des Pères fondateurs ? La fermeture du centre de détention de Guantanamo et l'abolition des interrogatoires musclés sont autant d'illustrations de cette orientation.
Last but not least, le domaine de la politique étrangère devrait également être le théâtre de changements significatifs. Le désengagement militaire d'Irak et l'engagement à rejouer le rôle d'honest broker dans le conflit israélo-palestinien ainsi que le soutien à une véritable démocratisation en douceur des pays émergeants devraient caractériser l'ère Obama.
Obama arrivera-t-il à réaliser tous ces objectifs ?
La tâche est d'autant plus mal aisée que Barak Obama est un président qui a suscité un immense élan d'espoir aux États-Unis d'abord, et partout dans le monde ensuite. Cet espoir ne risque-t-il pas paradoxalement de se révéler comme une arme à double tranchant ?
Pour s'en convaincre, il suffit de passer en revue les immenses défis qui attendent le nouveau président américain.
À l'intérieur tout d'abord, le traitement de la récession économique est une priorité qui risque d'engloutir les fonds du contribuable américain ainsi que l'énergie du nouvel occupant de la Maison-Blanche. Ceci sans compter avec l'opposition de toutes les personnes et des groupes de pression qui pourraient se sentir lésés par les réformes entreprises.
À l'extérieur surtout, les embûches semées sur la voie du règlement israélo-palestinien ne semblent pas près d'être levées. D'un côté un raidissement israélien est à prévoir du fait que le Likoud de Netanyahu est appelé à exercer le pouvoir ; de l'autre les ambitions démesurées de l'Iran dans le domaine nucléaire ainsi que sa volonté d'être le tuteur des mouvements de résistance au Moyen-Orient (Hezbollah et Hamas) seront autant de pièges sur la voie de la paix, paix nécessaire, paix vitale à la crédibilité des États-Unis dans le monde.

L'élection de Barak Obama reste un formidable levain d'espoir pour tous les opprimés, les laissés-pour-compte de par le monde. Mais cette élection demeure un point de départ qui demande à être confirmé tous les jours par les orientations et les succès de Barak Obama dans des domaines qui ne dépendent pas toujours de sa seule volonté. Tous ceux qui se réjouissent aujourd'hui feraient mieux d'être patients et d'attendre les prochaines décisions d'Obama. À ce dernier, il faudra de la détermination, de la sagesse, de la sagacité... et de la chance, beaucoup de chance pour arriver à véritablement changer les États-Unis et le monde ; pour que le « Yes we can » ne se transforme pas en « We could have »...
Elie Béchara - SG1
Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ)
Au MEJ
Au MEJ, je m'amuse comme une folle, je pratique des activités variées, tous les vendredis de 15h à 18h. Au début, on fait une petite réunion en équipe et on prend un goûter. On participe ensuite à un grand jeu, comme le jeu de piste. Quelquefois on apprend de nouvelles chansons. Il nous arrive même de regarder des films. Enfin, on dit notre prière MEJ puis on rentre à la maison. Bref, on s'amuse beaucoup au MEJ.
Estelle Rached - 7e6

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Passer un temps agréable avec son équipe, se donner le temps de s'épanouir, cela prend forme à travers la découverte de l'environnement naturel (retour aux sources : manque d'eau...) et en rupture avec le cadre de vie quotidien ; rugby sur neige, rallye-paper,... Il s'agit de sensibiliser les jeunes à la découverte du milieu géographique et naturel.
C'est ainsi que les 8 et 9 février 2009, les ES/EA ont passé un temps inoubliable à Faraya, un camp placé sous le thème « Entre politique et spirituel » pour que chaque jeune devienne adulte responsable et citoyen avec des valeurs qui lui correspondent. Il s'agit de s'épanouir et de prendre confiance, en facilitant l'intégration sociale de chacun.

Être dans une équipe c'est vraiment un tremplin pour la vie et un élan pour l'avenir.
À la prochaine !
Maria Bou Rjaily
Je vais vous raconter en détail la semaine de camp que nous avons passée l'été dernier. Rassemblés à Jamhour nous sommes tous montés en autocar direction Aïn Zhalta. La particularité de ce camp était que toute personne faisant partie du mouvement ou non pouvait y participer. Il était en effet intitulé « venez et voyez ».
Arrivés à destination, un accueil chaleureux et un bon déjeuner nous attendaient. En effet, les jeunes cadres étaient là depuis la veille, pour préparer l'emplacement.

Chaque journée suivait presque le même plan avec des activités différentes. Chaque matin, réveil à 8h, puis séance de sport avant le petit-déjeuner. Tous les jours, à tour de rôle, une équipe s'occupait de la vaisselle et de la propreté des lieux. Après le déjeuner, on avait une heure de sieste pour nous reposer un peu de toutes les activités. Ce que j'aimais le plus c'est que le soir, avant de dormir, il y avait une magnifique veillée et que chaque équipe devait préparer quelque chose à présenter devant tout le monde (une danse, un sketch...). De plus, les activités étaient très différentes entre marches (trèèèèès longues), jeux de pistes, jeux d'étapes, réunions, travail manuel, ...
Cinq jours sont passés sans qu'on ne le sente et le jour du feu de camp approche.
Nous avions encore beaucoup de travail à accomplir. Il fallait rassembler du bois pour laisser le feu brûler toute la soirée, préparer la décoration, faire les dernières répétitions... Quand les parents sont arrivés, nous avons couru pour les accueillir puis nous avons assisté à la remise des insignes aux fnous. Enfin, nous avons présenté aux parents les plus belles choses que nous avions préparées.
Ce fut assez triste quand nous avons rangé nos sacs à dos le lendemain. Mais quand même, nous avions tous envie de retrouver nos maisons et nos lits afin de nous reposer après cette semaine chargée.

Pour finir mon texte, j'aimerais juste dire qu'appartenir au MEJ est très utile pour s'amuser, s'engager, sourire, et apprendre en même temps beaucoup de choses. Je vous conseille d'y adhérer. C'est vraiment beau !
Maria Daccache - 7e4

Fnou, Camp à Aïn Zhalta
D'habitude, la marche est trop fatigante, mais au camp MEJ elle devient amusante.
La douche, c'est une autre histoire... l'eau est gelée, cela ne nous empêche pas de nous amuser.
Quant aux jeux, ils sont fabuleux, surtout la pyramide humaine qu'on a montée sans peine.
Mais parlons un peu des veillées ! Nous avons dansé et fait la fête toute la soirée.
N'oublions pas la nourriture, un vrai régal !
Que ceux qui veulent en savoir plus viennent nous rejoindre, ils ne le regretteront pas.
Rakel Najjar - 6e4

Témoigner des beaux moments vécus c'est les revivre avec plus de joie encore ! C'est avec grand enthousiasme que je témoigne aujourd'hui de mon parcours au MEJ, parcours qui n'a gravé en moi que des souvenirs inoubliables, jouant un rôle primordial dans la construction de ma personnalité.
Il est vrai que l'Eucharistie demeure au cœur du MEJ (d'ailleurs elle devrait être le pilier de notre vie entière), mais le MEJ offre aussi d'autres activités qui font de lui un Mouvement de Jeunes par excellence.
Tout en m'aidant à vivre l'Eucharistie, ce mouvement m'a permis de vivre de magnifiques aventures que je revis à chaque fois que j'en regarde les photos. Camper sous tente, apprivoiser la nature, cuisiner, jouer au Survivor ou même voyager en Égypte vous paraîtraient peut-être des activités banales, mais pensez à l'effet qu'elles pourraient avoir lorsque vous les pratiquez avec vos amis, je dirais plutôt avec vos frères et sœurs. À force de se rencontrer, de discuter, de jouer, de passer jours et nuits ensemble, nous sommes devenus plus qu'amis. Nous sommes désormais une famille !
Par les réflexions collectives et les sujets de discussion partagés dans les branches TA, ES et EA, le MEJ m'a permis de mieux me connaître pour tisser de meilleures relations avec mes amis, ma famille, la société et même avec Dieu. C'est ainsi que j'associe personnellement le MEJ à un chemin à plusieurs carrefours au niveau desquels une prise de décision est nécessaire. Mais, je ne marchais pas seule sur ce chemin : mes pas étaient guidés par des accompagnateurs qui, en m'aidant à relire ma vie, m'ont permis d'effectuer les meilleurs choix pour un meilleur engagement dans l'équipe, dans la société et dans l'Église.
De la formation à la responsabilité, je ressens le besoin de remercier ce mouvement qui m'a tant offert, en essayant de transmettre aux jeunes méjistes la formation que j'ai reçue mais surtout la joie et la belle expérience vécues.
Aujourd'hui, même si mes autres occupations m'empêchent de poursuivre mon engagement au MEJ, je serai toujours méjiste, quel que soit le nouveau chemin que je parcours, méjiste par mon enthousiasme, ma joie de vivre et ma volonté d'aller toujours à la recherche du meilleur ! En deux mots, le MEJ a été un « tremplin pour ma vie » ! Pourquoi ne pas en faire un tremplin pour la vôtre ?
Rosie Bejjani
Ancienne responsable
À propos d’éducation...
L'éducation est un travail long et pénible. Très bien. Le message est clair, pigé, compris.... Mais non digéré. Au lieu d'adopter une attitude négativiste et plaintive, ruminer en son for intérieur les contraintes et les peines de l'éducation, il vaut mieux prendre une attitude positive. Au lieu de maudire la nuit, allume une bougie, dit un proverbe chinois. Alors, partant de ce raisonnement, je dirai que l'éducation est un travail agréable d'écoute, de patience, de partenariat, d'accompagnement et de bienveillance.
Un travail d'écoute en ce sens que c'est un travail d'attention et de concentration, d'ouverture sur l'autre, de réceptivité et de communication. Quand je dis écouter, je ne dis pas seulement laisser les autres parler, leur demander de reformuler en termes clairs et intelligibles, mais écouter dans le sens de bien comprendre, de se projeter en nos élèves et comprendre ce qu'ils vivent, ce qu'ils ressentent. Et très fréquemment, ils nous envoient des messages par leur façon de s'asseoir, leurs moues, leurs yeux renfrognés, leur silence, leur refus de nous parler et de nous adresser la parole. Une fois démoli ce mur qui nous sépare, le contact naît, le courant arrive à passer, et c'est le premier pas vers une bonne communication.
Rousseau a écrit, il y a presque deux cents ans: «Oserais-je exposer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute l'éducation : ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre ». Il m'a fallu attendre trente ans pour enfin comprendre ce que Rousseau entend par perdre du temps. J'ai compris partiellement sa pensée en découvrant que « l'expérience est le nom que les hommes donnent à leurs erreurs passées ». Mais cette interprétation est étriquée. En effet, Rousseau a voulu sans aucun doute nous dire qu'en éduquant un élève, il faut donner du temps au temps, « se contenter de suivre et d'aider la nature » (Fénelon). Donnons à nos élèves le temps de réfléchir, d'acquérir de l'expérience, de discerner, de connaître leurs capacités, leurs limites, leur réalité afin de faire un libre choix, donnons-leur le temps nécessaire pour se passer du secours d'autrui c'est-à-dire pour devenir autonomes. Ne les pressons pas de brûler les étapes, tel un fruit sur un arbre que l'arrivée précoce du printemps ferait prématurément fleurir. Laissons-les mûrir afin de ne pas altérer leur personnalité, pour leur permettre d'être ce qu'ils aspirent à devenir.
L'éducation, un partenariat, c'est-à-dire que le savoir n'est pas le seul apanage du professeur ou du tuteur. L'enseignant ne doit pas avoir honte de le dire de vive voix, et ce pour deux raisons : d'une part, il crédite ses élèves d'un intellect indispensable à leur mise en valeur, d'autre part, il les aide à se rendre compte de la dimension limitée de l'homme. Certes, il n'y a pas plus grand plaisir pour un enseignant que de voir ses élèves attirer son attention sur une vérité qui lui a échappé, une réflexion à côté de laquelle il est passé, un plus qui manquait à son savoir. Il n'y a pas plus grande joie que celle de nous voir dépassés par nos élèves si bien que plus tard nous serons fiers, non pas de les entendre dire qu'ils ont été nos élèves un jour, mais plutôt fiers de réaliser que nous avons œuvré pour l'évolution du progrès, et admettre qu'on a tiré du savoir et qu'on s'est enrichi en les enseignant.
Un travail d'accompagnement et d'orientation. Il ne s'agit pas simplement d'interpréter les paroles de l'élève, de le soutenir, de le rassurer, de lui donner conseil, de l'évaluer... Il s'agit de l'écouter dans ses moments de peine, de joie, d'hésitation ou de crise, de laisser (et non faire) sortir de lui la ou les solutions à un problème qui le tracasse, qu'il fasse lui-même, après réflexion personnelle (et que ça prenne le temps qu'il faudra), après avoir bien pesé le pour et le contre, le choix en toute liberté, si bien qu'il n'aura pas à regretter ce choix plus tard. Il doit assumer sa liberté. Il est condamné à être libre, à compter sur lui-même, à se passer du secours d'autrui, à devenir autonome.
Enfin, l'éducation est un travail de bienveillance. Le grand point de l'éducation, c'est de prêcher l'exemple. On pense surveiller nos élèves, mais ce sont eux qui nous surveillent. Ils sont à l'affût du moindre faux pas de notre part. Ils nous épient, nous évaluent, nous jugent, et leur verdict et sans merci et sans appel. Faut-il leur rendre la pareille ? Jouer avec eux au chat et à la souris? Bien sûr que non. L'enseignant doit avoir une disposition d'esprit inclinant à l'ouverture, la compréhension et la justice.
Georges Abi Aad
Enseignant d'arabe en 5e et 4e CSG
Comment savoir ce qu'on aime vraiment et ce que l'on veut dans la vie à 15 ans ? Nombreux sont ceux qui préfèrent suivre l'avis du Conseil de classe ou de leurs parents. Mais il est toutefois primordial de choisir une filière où l'élève s'épanouit parce que faire machine arrière est assez difficile.
C'est le cas de Mayssa Sader. Ses résultats scientifiques lui permettaient d'envisager une Première S. Élève au parcours honorable, elle intégrait donc, en ce début d'année scolaire, la filière scientifique.
C'était sans compter sa passion pour la littérature. Une passion si forte qu'elle poussait Mayssa à tout mettre en branle pour avoir le droit de changer de filière.
Pour ses lecteurs, le Nous du Collège reproduit ici la lettre de motivation qu'adressait l'adolescente à son préfet et au père recteur. Si ce cri du cœur a eu raison du règlement, il réhabilite surtout une filière que certains choisissent par obligation. En effet, la 1re H et la Terminale H ont souvent mauvaise presse sous prétexte que les professions auxquelles aboutit cette option ne sont pas rentables. C'est effectivement un cliché excessivement répandu. En réalité, quelle que soit la série que l'élève choisira, l'essentiel est qu'il y excelle. Le débouché est alors garanti. Savez-vous quels peuvent être les honoraires d'un bon avocat au Liban ou à l'étranger ? Savez-vous à combien se chiffre la fortune de J. K. Rowling, l'auteur de Harry Potter ? Et pourtant, ces gens-là n'ont jamais été des scientifiques...
NJ - BCP
Beyrouth, le 16 octobre 2008
Révérend Père Recteur,
Tout a commencé le jour où les mots de SCHMITT m'emportèrent, et que 50 min plus tard, je réalisais que j'étais assise en face d'un professeur qui démontrait un théorème, rien qu'un théorème, et qui, à mes yeux, n'était qu'un alchimiste : il mélangeait les chiffres et les nombres, alors que moi j'étais plongée dans un théorème de mots infinis...
Tout a commencé le jour où, à la veille d'une évaluation de mathématiques, je remplaçais les calculs algébriques par des formules magiques, je remplaçais le stylo par une plume d'encre et d'eau, pour créer un assemblage de lettres et de mots, pour créer quelques lignes lyriques poétiques.
Tout a commencé le jour où je réalisais qu'avec ce bagage d'équations et de théorèmes, je ne pourrais jamais changer le monde ; je serais à jamais une impuissante infinie, je vivrais dans la misère des sciences, emprisonnée dans un laboratoire ou dans une salle d'ordinateurs, alors que mon esprit libre s'évade sans cesse vers l'ailleurs pour changer l'humanité, ou alors, comme le dit si bien Baden Powell, laisser la Terre un peu mieux que je ne l'ai connue.
Eh oui, changer l'humanité, c'est ma motivation, ma conviction, et plus encore, ce qui donne sens à mon existence, même si ce n'est qu'un simple rêve.
Défendre les femmes qui, très jeunes, subissent l'excision, défendre les prisonniers et les démunis, soutenir et écouter les personnes marginalisées trop souvent exclues arbitrairement de la société, convaincre que les lettres ne sont pas mortes, combattre pour que les esclaves de la science ne condamnent pas la magie de Baudelaire...
Aujourd'hui, de ma plume révoltée et rebelle, de ma plume sincère et combattante, de la plume d'un futur avocat peut-être, j'accuse.
J'accuse ceux qui ont essayé de me priver du plaisir d'assister au cours de littérature et de philosophie...
Et j'éprouve une profonde pitié pour ceux qui croient encore, que dans notre monde en évolution continue dans le domaine des sciences et des technologies, l'Homme, en tant qu'homme, en tant que littérature, en tant que valeurs humaines, a perdu sa place...
Qu'ils me paraissent tristes ceux qui croient avoir enterré les lettres... Le jour où l'humanité perdra sa sensibilité littéraire sera celui où l'on ne parlera plus d'humanité mais de machinerie, l'homme redeviendra alors, dans ce monde en évolution, la créature primitive qu'il était à l'origine.
Pour ceci, je ne me vois assise que dans une classe de Sciences humaines.
Je viens vers vous, en retard certes, mais il n'est jamais trop tard, pour vous demander de bien vouloir me transférer en 1reH, là où mon ambition m'appelle, là où je n'aurai plus besoin de lire un roman en cachette durant les heures interminables consacrées aux matières scientifiques.
Merci d'avance pour votre compréhension.
Mayssa Sader - 1reH
Dans le cadre des activités de Terminale, les délégués chargés des relations1 ont organisé le mercredi 10 décembre 2009, en Salle d'académie, une conférence estudiantine. Cette dernière a été élaborée suite à un sondage effectué en Division, et qui révélait les principales attentes des élèves ainsi que leur questionnement quant à leur future vie universitaire. À l'issue de ce sondage, nous avons invité des étudiants2 de différentes universités et de différentes spécialisations à venir témoigner de leur parcours, des difficultés rencontrées...; le but de la conférence étant de permettre aux élèves de Terminale d'envisager plus clairement leur métier d'avenir, de pouvoir comparer système français et système américain dans un même domaine ou encore de se familiariser avec l'aspect politique de la vie universitaire.
Pour mieux répondre aux attentes des élèves de Terminale et pour une meilleure interaction, un cycle de conférences plus réduites est prévu au cours du second semestre : pour chaque spécialisation, nous inviterons 2 à 3 universitaires à animer une causerie à laquelle ne prendront part que les élèves intéressés par le domaine abordé.
Razane Boustany - SV1
Peux-tu venir témoigner devant les terminales la semaine prochaine, en tant qu'ancien de Jamhour ? »
La question nous est posée par Razane, l'une des délégués de la Promo 2009. Nous serons donc neuf étudiants à répondre avec plaisir à l'appel, non sans quelque appréhension étant donné que cela ne fait pas si longtemps que nous étions encore nous-mêmes élèves en Terminale, à Jamhour...
Le but de la conférence, nous explique-t-on alors, est de réunir des étudiants se spécialisant dans divers domaines (ingénierie, médecine, économie, gestion, biologie...) et venant de systèmes éducatifs très différents (USJ, AUB, LAU) afin de relater leur expérience universitaire relativement fraîche aux terminales.
La variété a donc été le mot d'ordre ce jour-là, afin que chaque étudiant fasse parvenir de manière personnelle et spontanée ses appréhensions avant de rentrer à la fac, la façon dont il lui a fallu remplir les dossiers ou passer les concours... M. Nagy Khoury, qui pour l'occasion jouait le rôle de modérateur, annonce vite la couleur : « La formation à Jamhour vous a-t-elle permis de bien démarrer votre vie universitaire ? »
La formation à Jamhour est sans doute excellente, et constitue un tremplin important pour le monde universitaire, mais chaque intervenant essaye d'expliquer de manière constructive, pourquoi il arrivait à certains étudiants de se sentir mal à l'aise lors de l'entrée à l'université, non pas au niveau académique mais plutôt parce que le statut de l'universitaire est radicalement différent de celui d'élève. L'université n'est certainement plus le cocon où les professeurs nous appellent par notre prénom et nous connaissent, pour certains, depuis plusieurs années. À la fac, dans la majorité des cas, le contact avec les enseignants s'en tient au minimum, les cours sont pour la plupart magistraux et le matricule fait office de nom.
Nous avons donc répondu, à tour de rôle, à diverses questions concernant la façon dont nous avions abordé et perçu ce monde nouveau qu'est l'université, que cela soit sur le plan éducatif, social ou politique.
Au niveau éducatif
Il nous a donc été demandé tout d'abord d'éclaircir certains points concernant les dossiers, les matières enseignées, les systèmes de crédits et de notation utilisés par chaque université et au sein de chaque faculté. Les plus âgés d'entre les intervenants ont ensuite expliqué l'importance des stages tout au long du parcours éducatif.
Vint ensuite la question fatidique : « Rester au Liban pour continuer ses études ou voyager plutôt dès la première année universitaire ? » Nous répondons unanimement qu'il n'existe pas de choix parfait à faire... Cela dépend de nombreux facteurs : la maturité de l'étudiant en question, sa motivation, les capacités financières de ses parents... Nous affirmons aux élèves qu'il peut être bien plus facile pour un étudiant de commencer la première partie de ses études au pays, étant donné que la formation académique dispensée au Liban est bien plus que satisfaisante, pour ensuite continuer, s'il le souhaite, ses études supérieures à l'étranger... Certains des intervenants ayant eu l'occasion d'effectuer des « summer school » en Angleterre ou aux États-Unis ont même relaté combien cela pouvait constituer une bonne formation parallèle à celle donnée au Liban.
La politique à la fac
Les avis des anciens ont divergé sur ce point... Entre ceux qui sont pour participer activement à la vie politique de la fac (élections, amicales...) ou ceux qui préfèrent se concentrer strictement sur leurs études, le ton est un peu monté... Mais cela s'est révélé bénéfique puisque les élèves de Terminale qui ont pu constater combien l'université reflétait la mosaïque qu'est le Liban...
Pour clôturer la conférence, et malgré les avis de certains étudiants, nous étions d'accord sur le point suivant : un étudiant de Jamhour reçoit une formation d'excellence qui lui permet de briller dans de nombreux domaines au Liban comme à l'étranger... les exemples abondent !
Lauriane Chataoui
Promo 2006
En Terminale, les élèves sont confrontés à un choix très difficile : quelles études universitaires pour quelle carrière ?
Le Collège nous a, depuis la classe de 2de, préparés à faire ce choix, par le biais des modules du CIO, des différents forums de métiers, etc.
Cette année encore, pour nous aider, la préfecture et les délégués ont organisé une conférence estudiantine.
Quelques anciens, venus de différentes universités, notamment des étudiants de l'USJ, de l'AUB et de la LAU, ont voulu nous parler de la vie universitaire, dans ses aspects académique, social et politique.
Chacun d'entre eux a évoqué sa propre expérience, en insistant sur les avantages et les inconvénients de cette grande transition que représente le passage de la vie scolaire à la vie universitaire. Nous devons nous attendre à un changement radical de mode de vie, et les intervenants nous ont conseillés d'effectuer notre choix avec beaucoup de sérieux. Ils ont tous insisté sur l'importance de l'autonomie et de la responsabilité. Ils ont aussi remercié le Collège de les avoir bien préparés à affronter leur nouvelle vie.
Karen Hélou - SV2

Il est vrai que l'enseignement est en continuelle évolution, si Françoise Dolto a eu le mérite de donner à l'enfant toute sa place au sein des familles et de l'école, il appartient aux pédagogues du XXIe siècle de resituer l'apprenant dans son environnement en poussant l'élève à donner le meilleur de lui-même et l'enseignant à organiser sa didactique en fonction de multiples exigences.
Si la formation des enseignants constitue depuis un certain nombre d'années un pilier dans l'exercice des métiers de l'éducation, le Collège se penche depuis bientôt un an sur les problèmes d'ordre didactique. Une cellule de conseil pédagogique, rattachée au CFRP a ainsi vu le jour en septembre 2008.
Entretien avec Mme Myriam Bahout, conseillère pédagogique au CFRP
Il n'est pas de bonne pédagogie qui ne commence par éveiller le désir d'apprendre.
François de Closets
Genèse du projet :
MB : le conseil pédagogique résulte d'un besoin exprimé par les enseignants au CFRP. C'est l'équipe du CFRP avec le père recteur qui a déterminé et orienté la mission de la conseillère pédagogique. Concrètement, j'effectue des visites de classe à la demande de certains préfets ou coordinateurs de matières. La finalité, c'est d'éveiller chez l'élève le désir d'apprendre.
Ayant intégré le CFRP en septembre 2007, il m'a vite paru nécessaire de développer au sein de cette structure un espace plus spécifiquement dédié à la recherche et à la réflexion pédagogiques. Certes il existait déjà les bureaux de coordination et des salles de travail à l'usage des enseignants, mais il m'a paru important de réunir en un même espace tous les facteurs de nature à susciter le questionnement autour du métier d'enseignant, et les supports susceptibles de nourrir cette démarche de réflexion. De là est partie ma proposition de créer une Salle de travail pédagogique, qui mettrait à la disposition de l'équipe éducative dans son ensemble - toutes matières et toutes missions confondues, ce qui était un pas novateur et déterminant vers le travail en décloisonnement - des ressources documentaires nécessaires à leur travail d'une part, et d'autre part des ressources humaines, c'est-à-dire des personnes aptes à assurer un rôle de conseil et d'accompagnement des enseignants dans leur parcours de recherche. Ainsi sont nés la Salle de documentation pédagogique, gérée par Mme Marie Yazbeck, et le Bureau de conseil pédagogique dont j'ai moi-même la responsabilité.
Actions :
MB : En plus de la Salle de documentation, qui est autant une salle de travail qu'un espace de rencontre professionnelle, nous avons adressé un questionnaire-sondage aux éducateurs pour mieux adapter nos démarches aux besoins les plus pressants. Il s'agit aussi de maintenir en permanence un travail de recherche.
La salle de documentation fonctionne comme un espace de travail et de rencontre ouvert en permanence pendant la durée des horaires scolaires.
Le Bureau pédagogique mène quant à lui des actions plus ciblées et souvent plus ponctuelles. Pour ce trimestre, il est par exemple principalement prévu des visites de classes, dans la division des 11es, 10es et 9es, durant des cours de français. Ces visites, programmées en concertation avec le coordinateur de français du cycle primaire, s'inscrivent dans une perspective de conseil, ce qui est précisément la raison d'être de notre bureau. Elles sont le point de départ de ce travail de réflexion et d'échanges que nous voudrions instaurer autour des questions didactiques qui se posent aux enseignants, et plus généralement autour du métier même d'enseignant.
Programme :
MB : Nous n'avons pas encore entrepris d'activités de groupe en salle de documentation ; en revanche, j'ai déjà rencontré les professeurs de français des classes de 11e, 10e et 9e, et nous avons réfléchi ensemble dans une perspective de conseil.
Au CSG, nous travaillons au niveau des bibliothèques et du centre de documentation. Avec Mme Kurdi, nous entreprenons une restructuration des CDIs et leur enrichissement en fonds documentaire moderne, adapté aux différents âges.
Au niveau des professeurs du GC, nous avons lancé des pistes de réflexion susceptibles de faire l'objet de débats, « l'élève en difficulté » en est un... nous attendons encore une plus grande mobilisation autour de ces nouvelles initiatives.
Avec les professeurs d'arabe, nous veillons à définir une politique pédagogique qui puisse susciter le plaisir d'apprendre.
Une dernière initiative avec la préfecture des Moyens : nous avons réuni les tuteurs et organisé des rencontres entre les professeurs d'une même classe, parce que le contact se fait en général entre les professeurs d'une même discipline, alors qu'il est quand même important d'assurer une certaine cohérence entre les exigences des diverses disciplines.
Nous envisageons d'organiser des groupes de réflexion qui réuniraient des enseignants autour d'un thème pédagogique donné. Cette pratique n'est malheureusement pas assez répandue parmi les professeurs, pourtant c'est un aspect important du métier, que de savoir s'arrêter par moments pour faire le point de la pratique, réfléchir à plusieurs, et rechercher à la lumière des données sans cesse en évolution des chercheurs et des théoriciens des solutions adaptées et cohérentes. Concrètement, nous avons proposé comme premier thème celui des élèves en difficulté, parce qu'il est suffisamment « transversal » pour mobiliser des enseignants de divers cycles et matières. Malheureusement nous n'avons pas eu de retour très enthousiaste... Peut-être par manque de temps... Peut-être aussi parce que ce genre de pratique n'est justement pas inscrit dans les usages courants. À nous donc de multiplier les initiatives pour que ce genre de débats devienne partie intégrante du métier d'enseignant.
En revanche, il s'est révélé plus facile de travailler à des niveaux plus locaux, plus restreints. Ainsi par exemple avec le bureau de coordination d'arabe, des réunions sont programmées, à l'initiative de M. Joseph Yazbeck, autour de la nécessité de créer chez l'apprenant le plaisir d'apprendre (lui-même étant d'ailleurs souvent conditionné par le plaisir que manifeste l'enseignant à enseigner...) .
Dans la préfecture des moyens aussi, les réunions de tutorat sont souvent l'occasion de réfléchir ensemble aux moyens à mettre en œuvre pour améliorer la coordination entre les professeurs d'une même classe, la concertation se faisant en général essentiellement entre professeurs d'une même discipline...
Propos recueillis par Neyla Chidiac
BCP
Nouveauté au Grand Collège pour la rentrée 2008 :
Une salle de documentation pédagogique
Rattachée au Centre de Formation et de Ressources Pédagogiques (CFRP), cette salle se veut accueillante, agréable et utile. Réservée aux enseignants, elle leur assure le cadre idéal pour le travail individuel ou collectif : un décor simple et harmonieux, des sièges confortables, six ordinateurs avec connexion Internet 24h/24h, reliés à une photocopieuse-imprimante et un grand tableau blanc qui peut servir d'écran de projection.
La finalité de cet espace polyvalent reste la documentation pédagogique. Dans ce but, un coin de lecture a été aménagé autour d'une bibliothèque et d'un présentoir où sont mis, à la disposition du lecteur, dictionnaires, périodiques éducatifs, essais pédagogiques et didactiques... ainsi que des documents utiles et nécessaires à la formation continue de l'enseignant.
La tâche d'enseigner-éduquer est de nos jours, bien plus rude que jadis. Il devient alors indispensable de fixer la didactique sur des repères pédagogiques fiables... La documentation est là pour cela.
Enfin, je suis présente en permanence dans cet espace, prête à assister les enseignants dans leurs recherches pédagogiques. En outre, je suis constamment en quête de nouveautés dans le domaine de l'éducation et de l'enseignement afin de les communiquer aux professeurs intéressés.
Dans un collège soucieux de dispenser la meilleure éducation, impartir un espace spécifique pour une salle de documentation pédagogique est une nécessité afin de fournir aux éducateurs et aux enseignants les moyens d'assurer à leurs élèves un enseignement qui recherche l'excellence !
Marie Yazbeck
Documentaliste pédagogique