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Nous du Collège - N  292 - Février 2020
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             famille. Le Collège doit rester à l’écart de toute polémique, tout en respectant les opinions
             et les actions de ses membres ».
             Cela va sans dire que chaque personne a le droit d’exprimer ses opinions politiques,
             économiques et sociales. Chaque personne doit rester libre de mener l’action politique
             et sociale selon sa conscience. En revanche, une institution, éducative qui plus est, ne
             peut adopter la même démarche. Elle ne peut pas avoir un avis politique unique, sinon
             elle ne respecterait pas la diversité qui la constitue. Elle ne peut pas prêcher telle ou telle
             opinion, sinon elle courrait le risque de se transformer
             en un parti de propagande où règne la pensée unique.     Une institution qui ne respecte
             Soucieuse de sa crédibilité et de sa pérennité, une      pas la diversité qui la constitue
             institution se doit de respecter la diversité des personnes   perd sa raison d’être dans
             qui la constituent, et doit poursuivre sa mission en les
             aidant à bien réfléchir, à bien discerner pour échapper à   l’éducation qu’elle défend.
             tout absolutisme politique, social et idéologique. Il est
             vrai qu’une institution éducative fait partie de la société et ne peut rester insensible aux
             soucis et aux attentes des personnes qui la constituent. Mais il n’est pas moins vrai qu’elle
             ne peut réfléchir et agir à leur place. Une institution qui ne respecte pas la diversité qui la
             constitue perd sa raison d’être dans l’éducation qu’elle défend et risque de se transformer
             en un club fermé et exclusif.
             Nous pourrions nous étendre encore sur les problèmes des banques, des salaires et des
             scolarités et nous arrêter sur la panique de la pandémie du virus Corona. Cependant,
             il serait dommage de réduire à ces problèmes cette année 2019-2020, qui s’est avérée
             exceptionnelle sur le plan académique et éducatif.
             Dans le classement du PISA  (Programme for International Student Assessment) pour
             la  dernière  session  en  2018,  les  résultats  ont  été  publiés  il  y  a  quelques  semaines.
             600 000 élèves, tirés au sort et représentatifs de quelque 32 millions d’élèves âgés de
             15 ans et scolarisés dans 79 pays, ont passé les épreuves PISA. Le Liban a été classé 67 e
                                                    e
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             en mathématiques, 71  en sciences et 73  en « compréhension de l’écrit ». En revanche,
             nos élèves, tirés au sort pour participer à cette épreuve, ont été classés premiers au
             Liban. Plusieurs d’entre eux ont même été classés parmi les meilleurs 10% des 600 000
             participants du monde entier.
             Par ailleurs, après les résultats historiques de nos élèves à la session du Bac français de juin
             2019, où plus de 94% de nos bacheliers ont obtenu une mention, nous ne pouvons qu’être
             fiers des 23 réussites sur 33 au concours de médecine de l’USJ, qui fait référence dans le
             pays : 17 ont été admis en médecine générale, et 6 en médecine dentaire. La première
             et la quatrième place ont été remportées par nos élèves. Ce pourcentage de réussite
             constitue un score historique dans les annales de Jamhour et nous donne espoir que le
             Collège garde le cap malgré l’instabilité du pays.
             En outre, tandis que s’écrit l’éditorial de ce numéro du Nous, 8 de nos jeunes étudiantes
             de Première participent à la toute première édition du World Biodiversity Forum à Davos.
             Elles vont présenter leur projet Beirut Biomimics devant les leaders du monde qui font
             alors partie de ce Forum. Elles appliquent le concept de « biomimétisme » (imitation des
             processus mis en œuvre par la nature) pour créer de nouveaux produits visant à réduire
             l’impact de l’activité humaine sur l’environnement. Cette participation est une première
             pour les élèves du Collège et pour le Liban. Puisse-t-elle encourager la jeunesse et
             l’ensemble de la population libanaise à s’engager davantage pour une écologie saine et
             pérenne.
             En résumé, 2019/2020 aura été une année exceptionnelle pour plusieurs raisons, certaines
             sont bonnes et d’autres moins, c’est selon. Espérons que d’ici la fin de l’année, quelques
             lueurs d’espoir continueront d’apparaître en ces temps d’instabilité économique, sociale
             et sanitaire.



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