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Nous du Collège - N  295 - Juillet 2021                                     Carnet de Famille             129
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          Je voudrais maintenant, si vous le permettez,        Jamais je n’oublierai les moments passés avec toi,
          m’adresser à mon frère aîné et mon meilleur ami…     nos discussions les soirs d’hiver à Montréal où nous
                                                               sortions marcher à 2h du matin pour parler de tout
          À mon très cher frère Rayan, parti beaucoup trop tôt,   et de rien, tes essais culinaires durant ces 2 ans
          Je t’écris ces quelques phrases le cœur lourd et plein   qui se soldaient le plus souvent par des échecs,
          de tristesse pour te dire ce que je n’aurai de cesse   les horribles marches en famille et avec des amis
          de te répéter : Nous t’aimons tous du fond du cœur   que tu arrivais à rendre supportables grâce à ton
          et espérons que tu te portes bien là où tu es, dans   imagination débordante, ta manière si habile d’éviter
          l’Amour, la Paix et la Lumière du Père.              nos câlins et marques d’affection, ta passion pour les
                                                               travaux manuels, maquettes scoutes, ton humour si
          Ta présence parmi nous pendant ces 21 trop courtes   particulier sans doute dû à ta personnalité atypique,
          années a été une immense Grâce et un immense         ta capacité à serrer les dents et à t’adapter à tout.
          honneur. Ta force, ta sagesse, ta présence solaire,
          ton dévouement, ta droiture et ton Amour nous ont    Rayan, tu auras été un leader, que ce soit au
          permis de traverser bien des épreuves dans cette vie   scoutisme ou ailleurs, un ami fidèle, un mentor, un
          difficile,  et  nous  savons  tous  que  tu  continueras  à   conseiller, une personne d’une grande sagesse, un
          nous soutenir jusqu’à la fin.                        confident, un grand frère, un fils aîné, un jumeau.

          Rayan, tu auras été pour moi un modèle, quelqu’un    Je me souviens d’une phrase que tu m’avais dite un
          à qui j’ai toujours voulu ressembler, car toi, tu    soir de grande solitude au Canada durant le premier
          n’idolâtrais personne. Simplement, tu faisais ton    confinement, où je me plaignais de nos belles années
          chemin, autonome, grand, le sourire aux lèvres, ne   gâchées à cause de la pandémie : « Raja, lorsque
          laissant pas tes craintes transparaitre. Pim, tu étais   la vie c’est de la merde, souris, rigole, et continue à
          mon modèle à moi, et je ne sais pas si tu cesseras   avancer. » Tu sais quoi, Rayan, je te promets d’essayer
          un jour de l’être. Tu étais aussi un grand frère     avec tout ce que j’ai.
          exceptionnel et même parfois un père, surtout lors
          de ma première année au Canada loin de la famille.   Rayan, sache qu’on t’aime de tout notre cœur et que
          En tout cas c’est ce que l’ancien moi aurait dit.    tu vas nous manquer, mais dans notre souffrance
          Cette dernière année tu étais  devenu un égal, un    nous en sommes convaincus : Le jour où on quittera
          jumeau pour moi, et nos compétences et caractères    ce monde, nous serons heureux de savoir que tu
          se complétaient. Tu n’aimais pas quand les gens le   seras là à nous attendre auprès du Père avec tes bras
          disaient, d’ailleurs tu répétais que tu étais mon père,   grands ouverts. À ce moment-là on ne te lâchera
          mais ce n’est pas grave. Ta résilience formidable    plus jamais.
          face aux épreuves, la culture du « chedd halak »     Rayan, dans notre cœur toujours, God bless you
          que tu m’as transmise, ton sourire quelle que soit la   Malak. Al Massih Kam.
          situation ainsi que ton désir de vivre une vie excitante
          en prenant des risques vont nous manquer à tous.


          Petit frère,                                         sœurs, à mieux grandir et devenir une meilleure
                                                               version de nous-mêmes.
          Tu nous as quittés trop tôt, trop vite.              Tu  sais, les  louveteaux,  eux aussi,  durant ces
          Tu as toujours pris de l’avance, déjà à la Meute tu   trois petites années où nous (cheftaines) croyons
          avais accompli l’essence de la vie scoute. Franc,    intervenir  dans  leur  éducation,  nous  marquent  et
          dévoué et pur, tu étais un exemple et un pilier vers   nous aident à mûrir et à nous épanouir. C’est bien
          lequel se retournaient tes petits frères.            ça, l’apprentissage du jeune par le jeune ; pas
                                                               nécessairement le moins jeune.
          Ce n’est pas étonnant, d’ailleurs, que tu te sois
          démarqué à plusieurs reprises autant pour la Meute   Ce lundi, à la réception de la nouvelle, nous avons
          que pour la Maîtrise.                                aussitôt eu le réflexe et le besoin de nous réunir. Trois
          Ton respect, ton attitude responsable  et ton        Maîtrises différentes, sept cheftaines éparpillées un
          dévouement nous ont aussi aidées, nous tes grandes   peu partout dans le monde.
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