Les autres billets de la quinzaine
13 septembre 2007
Vous voulez susciter l’étonnement? Soulever des commentaires dénigreurs, amusés ou admiratifs ? Ne guère passer inaperçu dans les rues de Beyrouth? Eh bien ralliez-vous à la cause du deux- roues, déplacez-vous tout simplement à vélo!
Ce moyen de transport (bon marché, non polluant et générant une énergie positive) connaît depuis plusieurs décennies déjà un engouement croissant dans le monde entier. Des normes sont établies pour assurer au cycliste la sécurité, et des pistes, sinon des voies cyclables, sont aménagées pour ce faire.
Personnes du troisième âge ou encore de l’âge d’or comme jeunes écoliers circulent en vélo pour le plaisir mais aussi pour se transporter.
Voir une personne se rendre à son lieu de travail à vélo et ce en tous temps est, à présent, chose banale. Des parcs à vélos sont prévus partout dans les villes et surtout aux abords des écoles, des universités comme des entreprises.
En revanche, ici, bizarrement le vélo n’est que l’apanage des classes défavorisées et des travailleurs émigrés. C’est aussi un “objet” de loisir, un cadeau occasionnel que l’on offre aux enfants, à Noël, pour la saison d’été, lors d’un passage de classe, ou encore un moyen ponctuel pour perdre les kilos superflus (là, on se leurre allègrement…) et, pour les rares initiés, un sport à part entière auquel le Tour de France a donné tous ses titres de noblesse.
Pour moi, le vélo fournit tous ces avantages à la fois mais il est avant tout et surtout un moyen de transport. Voilà plus de trente ans que je voyage intra-muros, que je chemine à vélo, mon sac sur le dos pour les achats de la ménagère ou du père de famille que je suis. Que de commentaires sur mon chemin !
“Shouf! Shouf! Regarde cet homme. Il est à vélo, certainement un touriste”.
Ou encore
“Oh! Vous faites beaucoup de sport! On vous voit partout à vélo”
Et malheureusement aussi
“Hey! Pousse-toi de là avant qu’on t’écrase, minus!”
Oui, le vélo au quotidien ne fait pas partie de la culture de mes concitoyens qui lui préfèrent l’automobile, en faire vrombir le moteur, et dépenser du gasoil pour couvrir 500 mètres, avec la frime, entre autre, en toile de fond.
Mais quand allons-nous comprendre que « l’auto pue, l’auto pollue, l’auto tue »? Que pour quelques instants de pseudo confort ou de m’as-tu-vu, nous augmentons le taux de dioxyde de carbone dans l’air, participant manifestement à la pollution atmosphérique et au réchauffement planétaire surtout qu’entre-temps nous déboisons sans vergogne le Liban pour remplacer pins et chênes par l’asphalte! Parcourir en pédalant et visiter en flânant, avenues ou ruelles dans la capitale pour découvrir et goûter avec les yeux, offre un tableau autre qu’en étant motorisé.
Il faut si peu pour mener une vie saine, moins dangereuse pour nous-mêmes et les autres – coucou Zeina H et mère courage Randa - et contribuer infinitésimalement à sauver notre planète.
Petite reine du bitume, ne mérites-tu si joliment ton nom !
Citoyennes, citoyens à vos selles, laissez-vous séduire et couronner…
Dany G. Tinawi
Éducateur