Mot du Père Recteur  à l'occasion de la fête de l'Enseignant
le 8 mars 2004

Les moments de fête, que ce soit en Occident ou en Orient, mais peut-être plus en Orient, sont des moments privilégiés : ils réunissent tous les membres de la famille, petits et grands, nouveaux et anciens et mêmes très anciens…

Ce moment de fête, ce 9 mars, est un moment béni car il réunit tous les membres de la famille éducatrice de Jamhour… Cette fête de l'Enseignant est un moment opportun pour que je vous dise au nom de beaucoup de générations d'élèves, au nom du P. Provincial de la Compagnie de Jésus, au nom de la Communauté jésuite et de son Supérieur, au nom du Collège : bonne et joyeuse fête à chacune et chacun… à toutes celles et à tous ceux qui enseignent, mais aussi à celles et ceux qui collaborent, d'une manière ou d'autre, à la réussite de notre mission d'éducation et d'enseignement.

Vous savez sans doute que la fête de l'Enseignant est une spécialité libanaise qu'on ne trouve pas dans d'autres pays. Pourquoi a-t-elle été instaurée ? Pour vous remercier, pour rendre hommage à votre engagement et votre passion d'accompagner et d'éduquer un enfant, un adolescent et un jeune. Mais une fête est avant tout une célébration, c'est faire publiquement et avec force l'éloge de quelqu'un parce qu'il le mérite. C'est marquer le temps, sinon arrêter le temps, pour dire que la personne de l'Enseignant est très précieuse pour nous, pour le Liban et pour notre Collège, du moment où notre richesse la plus précieuse, notre trésor le plus intime, c'est l'Education, c'est la culture, c'est l'homme cultivé. Cette fête est un jour qui vous est consacré, qui nous donne l'occasion de reconnaître ce que vous êtes pour nous. C'est un jour sacré car l'enseignement n'est pas seulement une occupation intérimaire, ni seulement un métier, c'est une sorte de sacerdoce et d'engagement religieux qui exige de vous une donation de vous-mêmes et fait de vous des maîtres d'école, de pensée, d'espérance et de confiance.

A l'occasion de sa fête, l'Enseignant, ce maître passionné, fait un retour sur lui-même et se pose la question : enseigner, qu'est ce que cela m'a appris ?

Avec Nada Moghaizel Nasr, dans mon livre Images Écrites, je réponds à la question :

- Enseigner m'a appris à séduire, qui signifie conduire ailleurs autrement dit, à la fois, être conduit ailleurs en moi-même et conduire l'élève vers un plus de lui-même.

- Enseigner m'a appris à rencontrer l'autre, à négocier, à être disponible à l'autre et à reconnaître sa différence.

- Enseigner m'a appris à accepter l'autre qui devient partenaire, ni miroir ni consommateur, mais partenaire dans un projet.

- Enseigner m'a appris à ne plus consommer mais à être transformé. Plus qu'à parler, enseigner m'a appris à savoir écouter.

- Enseigner m'a appris à vivre non seulement le temps de la récréation avec mes élèves, mais le temps de la "re-création" d'un nouveau monde, ce qui suppose des risques et angoisses.

- Enseigner m'a appris le sens de la durée et de la patience… il m'a appris ce qu'est l'amour par des mots simples : accompagnement, être ensemble, durée, projet, différence, transformation, écouter, parole et désir.  

Dans l'acte d'enseigner, il n'y a pas de point ou point virgule, mais plutôt une virgule car c'est un acte qui se fait dans un horizon ouvert. L'acte d'enseigner est synonyme des verbes cultiver et espérer. Dans le Liban d'aujourd'hui, soyez les maîtres de la culture, de la confiance et de l'espérance.

 

 

Collège Notre-Dame de Jamhour, LIBAN
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