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Carnet de famille






                       Edmond Brahimcha s’en est allé...


                       J’ai reçu de mon ami Alexandre Brahimcha (Promo 96) un message me faisant part du rappel
                       à Dieu, à Montréal, de son oncle Edmond, des suites d’une méchante infection pulmonaire. Il
                       a été professeur de mathématiques à Jamhour à la fin des années 60 jusqu’à la fin des années
                       80. Il a enseigné aussi à l’École Supérieure d’Ingénieurs de l’USJ (ESIB). Né en 1943, il avait 74
                       ans.

                       Il a été mon professeur de maths en classe de 2 , en 70-71, à l’époque où le ministère de
                                                                de
                       l’Éducation en France et au Liban avait eu la mauvaise idée de lancer les « maths modernes »
                       avec leurs ensembles et leurs sous-ensembles.
                       Brahimcha, c’est ainsi qu’on l’appelait, était devenu une véritable référence nationale en
                       mathématiques.

                       Il était poli, modeste, affable, presque timide, pas très parlant, mais quand il disait quelque
                       chose, c’était soit pour énoncer, en blouse blanche, des formules et les expliquer au tableau
                       vert, soit pour lancer des boutades à vous couper le souffle. C’est qu’il était pince-sans-rire.
                       Un  jour,  l’un  des  élèves  se  plaignait  en  classe  d’une  fenêtre  ouverte  en  plein  hiver.  Il  lui
                       demande : « Monsieur, pouvons-nous fermer la fenêtre ? Il fait froid dehors ». Et Brahimcha lui
                       répond, avec sa voix rauque, du tac au tac : « Vous pouvez fermer la fenêtre... Il fera toujours
                       froid dehors ! »

                       Au début de la guerre fratricide, en 1990, il décide d’aller s’installer à Montréal où il est engagé
                       au prestigieux Collège Stanislas pour y devenir responsable des mathématiques.
                       J’ai eu l’occasion, et le plaisir, de le rencontrer à Montréal lors des dîners des anciens qu’il
                       faisait son possible de ne pas rater.
                       Il a laissé à Jamhour un excellent souvenir. Il en est devenu une des légendes et les nombreuses
                       générations qu’il a formées se souviendront de lui avec respect et admiration.
                       Adieu, cher professeur, cher collègue, nous prierons pour toi et nous nous inclinons devant ta
                       mémoire.

                                                                                        Nagy el-Khoury
                                                                   Secrétaire Général de l’Amicale des Anciens





























                                                                               1972, entouré de collègues


           164   Nous du Collège - N  288 - Mars 2018
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