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1938 - 2018










          DOSSIER




          Les années 80 et 90 : l’âge d’or de l’illustration


          Analyse d’une actuelle illustratrice


             ans les années 80, c’était Armand Homsi qui illustrait presque
         Dchaque article du  Nous. Ses coups de crayon prononcés,
          ses lignes tout aussi spontanées que précises se rangeaient dans
          des caricatures uniques. Bien plus que de simples dessins, celles-
          ci véhiculaient  les valeurs et  les préoccupations  de l’époque,
          ponctuées d’un humour fin. « Le dictio-guerre », les relevés
          officiels, tant d’anecdotes quotidiennes de la communauté
          jamhourienne, figées en traits irréguliers par la mine d’Armand.
          Sa  vision  particulière  a  conféré  une  identité  à  ses  caricatures,
          que ce soit dans leur représentation ou dans le message qu’elles   Dictio-guerre, A = abri ; B = bombardements
          transmettent. Atténuer des réalités amères (comme la guerre qui            Armand Homsi
                                                                                            o
          sévissait) ou encore vulgariser des situations critiques, telles étaient   Nous du Collège N  227, juillet 1985
          les spécialités de ce dessinateur fidèle. Or, la forte empreinte
          d’Armand n’a pas pour autant effacé la place d’autres illustrateurs
          tels que Saïd Dagher, au style plus simpliste, et Daniel Segone, qui
          mariait intelligence et subtilité. Leurs caricatures figuraient dans le
          « coin amusement », autrefois situé dans les dernières pages du
          Nous. De même, alors que Jacques Rohayem nous montrait son
          talent, Fouad Aizarani se chargeait de faire une section de dessins
          à l’aquarelle rattachée à un article sur le stylisme. Sans oublier
          Paul Fayad, avec ses caricatures comiques qui s’attardaient sur les    Classe de Maths élémentaires, Naïm Hakim
          « malheurs du prof ». À savoir qu’à l’époque, certains élèves      Nous du Collège N  234, juillet 1989
                                                                                            o
          participaient à la réalisation de la couverture ; Fadlallah Dagher
          s’intéressait à la communication (dialogue) et Chadi Younès à la
          crise environnementale (dessin d’une Terre blessée). Ensuite, les
          productions à main levée se font plus rares dans les publications
          du Nous. Ceci, amorcé au début des années 90, se reflète par
          la  présence  d’illustrations  presque  exclusivement  dans  le coin
          « sans commentaires ». Y figuraient les dessins divertissants de
          Jean-Claude Bejjani et de Talal Naïm, sans oublier les caricatures
          évasives d’André Segone, dont on retient surtout l’ironie. En 96,
          un nouvel illustrateur, Ziad Dib, empruntait des éléments divers
          pour  construire son  style  épuré : dire beaucoup au  moyen de
          simples hachures. Mais attention, il n’y avait pas que les élèves
          qui  faisaient  office  d’illustrateurs !  En  effet, deux  pages  furent
          dédiées au Père Frank Ramsperger, qui s’adonnait au cartooning.
          Nous retenons son humour  british et sa plume élégante. C’est
          cette année-là que la semaine de la presse entre sur scène,
          accompagnée de travaux de divers artistes. Mais la star du jeu
          demeurait Joe Abou Khaled (promo 96) « Il dessine parce qu’il aime
                                                                           Illustration de la couverture, Émile Adaimy
                                                                                 Nous N  245, juillet 1996
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