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Le soulèvement populaire
DOSSIER
56 vu par les jeunes
Nous du Collège - N 292 - Février 2020
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Nous : Comment le secteur bancaire s’est-il retrouvé dans la tourmente ?
MB : La crise économique s’est
traduite par une demande accrue Des chiffres clés 2017 2018
de liquidités, à cause du manque de PIB 51.84 milliards d’USD 56.639 milliards d’USD
confiance des citoyens. Une banque
n’ayant jamais assez de liquidités Dette publique / PIB 149% 151%
pour couvrir tous les dépôts, ceci ne Déficit public / PIB 8.6% 11.5%
pose pas problème en temps normal, Déficit commercial 16.7 milliards d’USD 17 milliards d’USD
puisque la demande de retraits est
généralement faible. Mais la crise et Taux d’intérêt moyen 6.26% 7.72%
le manque de confiance ont fait que Inflation 4.7% 6.1%
la demande de retraits a explosé. Source : Banque mondiale : 01/04/2019
Or, nous savons que c’est le rôle de
la Banque Centrale de garantir les dépôts, mais là aussi, la confiance n’existe plus. Les banques
risquent donc de se retrouver dans une situation d’insolvabilité car elles ne peuvent plus couvrir la
demande de liquidités de leurs clients.
Nous : Quelles sont les solutions qui peuvent redresser la situation ?
MB : Un pays qui a des problèmes d’endettement fait normalement appel au Fonds Monétaire
International (FMI), qui peut intervenir en accordant des crédits à taux faible sur une longue
période. Mais cette solution est coûteuse pour le pays, puisque le FMI demande en échange de
sérieuses réformes structurelles comme des privatisations, qui peuvent comporter des plans de
licenciements, etc. pour diminuer les dépenses de l’État.
En outre, plus le Liban est mal noté par les agences de notation, plus sa dette va coûter cher.
Depuis plusieurs années, les taux d’intérêt sont devenus élevés et ont poussé à l’épargne et non
à l’investissement.
Une autre solution qui peut alors être envisagée serait la relance du plan CEDRE, qui exige des
réformes et un développement des infrastructures en échange de crédits et de donations.
Nous : À l’échelle individuelle, quelles sont les actions que nous pouvons entreprendre pour
protéger notre économie ?
MB : La crise provoque normalement un ralentissement des dépenses de chacun. Nous réagissons
souvent à la panique en économisant ou en nous privant de certains achats. Or, ce comportement,
quoique normal, se retourne contre le citoyen à moyen terme. Il faut, au contraire, continuer,
dans la mesure du possible, à dépenser et investir de façon productive (dans une Start up, par
exemple), ce qui ferait tourner l’économie et empêcherait nombre de commerçants de se retrouver
au chômage en fermant boutique. En diversifiant les avoirs, chacun peut se protéger et faire
tourner l’économie. On doit également s’abstenir de retirer plus d’argent liquide des banques
que ce dont on a besoin, car le retrait excessif de liquidités peut mener à la faillite du système
bancaire.
En conclusion, il existe certes des solutions à la crise, mais il va falloir réduire le déficit commercial
en développant les secteurs de production, en revalorisant l’agriculture et les industries qui en
découlent, en investissant dans les secteurs privés. C’est à l’État de savoir saisir les opportunités
et d’entreprendre les réformes nécessaires.

