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Le soulèvement populaire
         DOSSIER
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       Nous du Collège - N  292 - Février 2020
                         o





            Mardi 14 janvier…

            que de péripéties sur les routes !





               lus de 90 jours après le début de la révolte citoyenne,   Un détail à relever : un des chauffeurs du bus
            Ppas de gouvernement de sauvetage en vue, pas       desservant Achrafieh, après avoir déposé les élèves
            d’ébauche de solution à la crise économique… rien   et reconduit son autocar à Jamhour pour la nuit,
            que le chaos et la stagnation !                     devait rentrer chez lui à Jounieh. Après une halte
            Mardi 14 janvier, dès 8h du matin, quelques         à Bourj Hammoud, ce dernier a dû poursuivre son
            principaux axes routiers commencent à être bloqués   chemin à bicyclette, l’autoroute étant bloquée et les
            par les manifestants. Plus les heures passent, plus le   routes intérieures complètement bondées…
            blocage s’étend et se généralise.                   Après une soirée à pédaler, les courbatures sont
            Alors que la journée scolaire se déroule sans       fortes le lendemain. Pour y remédier, il n’avait qu’une
            encombre, les services de transport de Jamhour et   seule solution : se remettre au vélo sans plus tarder !
            de Saint-Grégoire se transforment déjà en cellule de
            crise.                                              Au CSG
                                                                Le  Service des transports  du CSG  était  également
            Au CNDJ                                             mobilisé cet après-midi-là. M. Fadi Salamé suivait
            M. Antoine Kaddoum, Mmes Céline Assi et Rêve        en temps réel la circulation de tous les autocars, en
            Abdel-Karim ainsi que l’équipe des conducteurs et   notant au passage quelques déboires :
            surveillants planchent sur des solutions et redessinent   Ainsi le bus numéro 33, desservant la région de
            les itinéraires afin que chaque élève rentre chez   Naccache et Rabieh, a été bloqué un long moment
            lui dans des délais raisonnables. Une réunion       sur l’autoroute entre Dora et Zalka. Au bout d’un
            rassemblant toutes les équipes du transport a eu lieu   certain temps, quelques estomacs ont commencé à
            juste avant la sortie de 15h afin de communiquer les
            dernières directives et les consignes à respecter.
            Il a fallu faire passer tous les bus de Beyrouth par des
            ruelles secondaires, les autocars empruntant la route
            de Zalka ont été retardés par de gros embouteillages.                                                Illustration : Farah Kfoury TH
            C’est là qu’un conducteur a fait livrer des sandwichs
            à nos jeunes élèves qu’une journée de travail avait
            profondément affamés.
            Selon les dires de M. Kaddoum, la fonction
            Localisation  de  l’autocar  de  l’application  mobile
            du Collège a montré toute son utilité. Ainsi, chaque
            parent inquiet a pu suivre l’itinéraire du bus de son
            enfant, ce qui a considérablement réduit la panique
            que certains parents ont pu ressentir.
            Pendant tout l’après-midi de ce 14 janvier, le Père
            Recteur et l’équipe des transports suivaient les
            véhicules un à un. Le Comité des parents a même     crier famine,  poussant la surveillante à descendre
            dépêché l’un de ses membres, M. Georges Aoun,       au supermarché faire quelques emplettes, tout en
            pour remercier et soutenir (gâteaux à l’appui) l’équipe   gardant un contact permanent avec les parents et le
            responsable en permanence au Collège, attendant les   Collège. Les minutes s’égrenant sur place, après la
            nouvelles des uns et des autres. Le dernier autocar à   faim, il a fallu gérer l’urgence des vessies pleines.
            rentrer à la maison était celui d’Adma et ses environs ;   Fort heureusement, à quelques pas du lieu où stagnait
            son périple prit fin vers 17h30.                    l’autocar, se trouve le domicile d’une autre surveillante
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