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Le soulèvement populaire
         DOSSIER
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       Nous du Collège - N  292 - Février 2020
                         o








                  Un brin d’humour

                  sur fond de climat morose



                      u’il soit ironique, sarcastique, noir, anglais ou fin, l’humour libère l’esprit des tensions et
                  Qapaise les douleurs. S’il peut avoir une fonction thérapeutique, il permet aussi d’établir
                  un lien social en ce sens qu’il peut rapprocher les hommes en les éloignant de toute forme de
                  violence.
                  C’est dans cette perspective que nombre de messages drôles ont circulé sur les réseaux sociaux,
                  tournant en dérision l’actualité au Liban depuis la mi-octobre 2019. Ne manquant pas de créativité
                  pour exprimer leur ras-le-bol envers la classe politique, les Libanais ont préféré en rire plutôt qu’en
                  pleurer.
                  Sur cette même lancée, nos élèves ont usé de leur sens de la répartie sur les réseaux sociaux
                  en réponse à l’annonce de la reprise des cours un vendredi et un samedi après une dizaine de
                  jours de congé forcé. Si certains prétendent ne plus savoir écrire correctement après cette longue
                  absence,  d’autres  sont  convaincus  que  les  tout-petits
                  doivent rattraper les séances de coloriage perdues… Les
                  plus téméraires espèrent se rendre au Collège durant les
                  vacances d’été, et les plus chahuteurs craignent que les
                  retenues aient lieu le dimanche. Certains, à l’imagination débordante, se voient passer Noël au
                  Collège et s’y rendre en traîneau ; le Père Noël viendrait même le 25 décembre leur distribuer
                                                      les  bulletins  en  salle  d’examen  à  défaut  de  cadeaux.
                                                      Une personne regrette avoir oublié sa brosse à dents,
                                                      en prévision d’une éventuelle coupure des routes qui
                                                      bloquerait les élèves au Collège. Quant aux fêtards,
                                                      ils prévoient déjà de passer la soirée du Nouvel An à
                                                 l’école, et se voient retirer les billets d’entrée du secrétariat…
                                                 Le compte à rebours de la nouvelle année annoncerait alors
                                                 l’ouverture des classes le lendemain.
                                                 Les optimistes, eux, espèrent être dispensés des cours s’ils
                                                 trouvent toutes les fautes d’orthographe dans les commentaires
                  en ligne. Mais les plus malheureux sont les élèves d’autres établissements, persuadés que leur
                  école a pris exemple sur la nôtre en ouvrant ses portes le samedi.
                  Quelques jours plus tard, suite à une nouvelle suspension des cours en raison de l’arrivée des
                  manifestants  vers  le  Palais  de  Baabda,  les  plus  créatifs  s’imaginent  se rendre à  Jamhour  en
                  hélicoptère et les plus prévoyants préféreront dormir sur place pour faire des économies d’essence
                  dont la distribution se faisait alors de façon aléatoire. À ce propos, l’élève qui avait perdu sa
                  brosse à dents a déclaré l’avoir retrouvée.
                  À la mi-janvier, près de deux mois après un retour à la normale au
                  niveau scolaire, une nouvelle journée de fermeture est annoncée en
                  raison d’un regain de la grogne populaire, l’hiver s’étant bien installé,
                  certains élèves espèrent pouvoir en profiter pour dévaler les pistes de
                  ski. D’autres, un peu plus anxieux, souhaitent jouir d’une deuxième
                  journée à la maison pour réviser le cours de térikh (histoire libanaise),
                  d’autres encore estiment qu’il serait quasi improbable que les examens tiennent lieu.
                  Nous n’oublions pas non plus la célèbre Sœur Marie-Jérôme de l’Enfant-Jésus personnage créé
                  par une ancienne du Collège, dont les messages vocaux ont fait le tour du pays jusqu’à inspirer
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