Page 101 - Nous 294 - Février 2021
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          Nous du Collège - N  294 - Février 2021                                       Carnet de famille           101





                                                     ans les couloirs sombres et austères de Jamhour,
                                                 DÀ l’échelle de toutes les préfectures,
                                                   On croise toutes sortes de personnes aux diverses allures :
                                                    Il y a les timides qui frôlent les murs,
                                                      Il y a les éclats de rire des « heureux » de toujours,
                                                      Il y a aussi les éternels angoissés
                                                       Et les « tout le temps » pressés
                                                       Repérables à leurs pas précipités...
                                                       La liste exhaustive serait longue à dresser...
                                                       Toutefois, dans cette panoplie
                                                       Propre à notre grande famille,
                                                       Il est des êtres d’exception
                                                      Pour qui l’enseignement est une mission
                                                     Qu’ils accomplissent avec foi et conviction
                                                   Et qui, irradiant de bonheur et de lumière,
                                                  Parviennent à transformer ces couloirs austères
                                               En un lieu qu’enveloppent la vie, la joie et la prière...
                                           Telle est l’image que je garde en mémoire
                       De toi Zeina ma collègue, de toi Zeina mon amie...
                       Image qui ne s’est trouvée jamais démentie
                       Même aux jours les plus noirs que nous vivons aujourd’hui :
                       Tes appels réguliers lors de la pandémie,
                       Ceux encore plus fréquents, en août, après la tragédie,
                       Pour m’inviter chez toi ou bien dans ton chalet
                       Le temps que l’irréparable puisse être réparé...

                       Mais je ne savais pas encore ce dernier été
                       Que t’attendait une nouvelle tragédie ;
                       Sans te départir de ton courage ni de ta sérénité
                       Et prenant soin de sourire voire de blaguer,
                       Au téléphone tu m’annonçais ton hospitalisation.
                       Il m’a fallu du temps pour digérer l’information…
                       En relisant le fil des messages que nous échangions,
                       Je trouve inouï ton sens de la dérision
                       Qui nous faisait rire à l’unisson ;
                       Mais un jour, tu ne répondais plus :
                       Ce que je craignais était advenu...

                       Pour obsèques, reçois mes larmes et mes pleurs,
                       Ces quelques mots maladroits qui viennent droit du cœur
                       Et qui te remercient d’avoir immortalisé
                       Pour l’ensemble de notre communauté
                       Ton sourire éternel, reflet de ta spiritualité...


                                                                             N.H.
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