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Carnet de famille




              Cardinal Mar Nasrallah Boutros Sfeir




                                                 Décédé le 12 mai 2019
                                            Ancien élève (Promotion 1944)
                                      Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient
                                       pour l’Église maronite (de 1986 à 2011)





                                                      é à Rayfoun le 15 mai 1920, Nasrallah Sfeir a accompli
                                                  Nses études primaires et complémentaires à l’école Mar
                                                  Abda-Harhariah à Aramoun, dans le Kesrouan, puis ses études
                                                  secondaires au Séminaire patriarcal maronite de Ghazir-Kesrouan
                                                  avant  de  rejoindre  le  Collège  de  l’Université  Saint-Joseph  de
                                                  Beyrouth et d’entreprendre des études en théologie et en
                                                  philosophie.
                                                  Ordonné prêtre le 7 mai 1950, puis nommé secrétaire du diocèse
                                                  de Damas (Sarba) et secrétaire du Patriarcat maronite, il fut
                                                  nommé évêque titulaire de Tarse des maronites et vicaire général
                                                  pour le patriarcat d’Antioche en 1961, avant d’être désigné
                                                  président du comité exécutif du Conseil des patriarches et des
                                                  évêques catholiques au Liban.
                                                                                 e
                                                  Le 19 avril 1986, Sfeir est élu 76  patriarche d’Antioche et de tout
                                                  l’Orient pour l’Église maronite – poste qu’il conservera jusqu’à sa
                                                  démission en 2011 - et nommé cardinal de l’Église catholique par
                                                  le pape Jean-Paul II le 26 novembre 1994.
                                                  En 1995, il est désigné président délégué de l’Assemblée spéciale
                                                  du Synode des évêques pour le Liban. Il sera ensuite président
                                                  délégué  ad honorem de l’Assemblée spéciale pour le Proche-
                                                  Orient du Synode des évêques d’octobre 2010.
                                                  Le Patriarche Sfeir a été décoré à titre posthume de la médaille de
            Le Patriarche Sfeir à Jamhour, le 23 février 2003,  « Première classe » de l’ordre du mérite libanais, le 16 mai 2019.
              prononçant son homélie lors de la messe
                solennelle du Jubilé d’Or du Collège
                                                  Son mandat
                             En sus de ses réalisations aux niveaux ecclésial et administratif, mais aussi social
                             et patrimonial, le Patriarche Sfeir a joué un rôle primordial sur le plan national. Né
                             quelques mois avant la naissance du Grand Liban, il aura marqué des générations de
                             Libanais, chrétiens et musulmans, résidents et expatriés, pour avoir fermement défendu
                             l’indépendance et la souveraineté du Liban et cru au vivre-ensemble dans un pays brisé
                             par les litiges intercommunautaires. Son mandat patriarcal de 25 ans a été jalonné de
                             bouleversements tels les combats qui ont marqué la fin de la guerre civile libanaise
                             (1975-1990), l’occupation syrienne du Liban à laquelle il s’était farouchement opposé,
                             mais aussi les vagues d’assassinats perpétrés contre des personnalités politiques et
                             médiatiques depuis 2005, ou encore la crise présidentielle en 2007-2008, période
                             durant laquelle il a beaucoup œuvré pour la réconciliation.
                             Pour bon nombre de personnes, le Cardinal Sfeir incarnait « le patriarche de la
                             souveraineté et de l’indépendance ». Il a parrainé les accords de TAEF en 1989, dont il a
                             co-rédigé le texte avec le président de la Chambre Hussein el Husseini, en vue de mettre
                             un terme à la guerre du Liban et de le libérer des occupations israélienne et syrienne.
                             Comme l’a si bien confirmé le Président Macron en adressant ses condoléances au
                             Patriarche Raï, Sfeir s’est donné entièrement pour le Liban : « Homme d’Église, savant

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