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Carnet de famille








                                                                               et dévoué, il a aussi été un patriote
                                                                               exemplaire et valeureux, qui a joué
                                                                               un rôle éminent pour mettre fin à la
                                                                               guerre dans son pays, en réconcilier
                                                                               les citoyens et en rétablir la pleine
                                                                               souveraineté  »  (Emmanuel Macron,
                                                                               président de la République française).
                                                                               Son mandat sera, au sortir de la
                                                                               guerre, marqué par le Synode
                                                                               spécial pour le Liban pour une
                                                                               «  espérance  nouvelle  »,  couronné
                                                                               par l’exhortation apostolique post-
                                                                               synodale qu’a adressée le Pape
                                                                               Jean-Paul  II aux Libanais,  en 1997,
                                                                               invitant à l’union des chrétiens au
                                                                               sein de l’église catholique, mais aussi
                                                                               au dialogue intercommunautaire, à
                             Messe du Jubilé, le 23 février 2003               la paix et à la réconciliation.
          Qualifié d’homme solide et intransigeant, de visionnaire, de sage, modeste et tolérant, il a œuvré pour la
          réconciliation entre chrétiens et druzes en 2001 : « Il était un pilier national, spirituel et souverain, qui a posé
          les jalons de la coexistence dans des temps difficiles, qui croyait au Liban indépendant et qui a ouvert la
          page de la réconciliation nationale » (Naïm Hassan, Cheikh Akl des Druzes).
          Fidèle à ses principes d’intégrité et de justice, il s’est par la suite élevé contre la détention d’armes par le
          Hezbollah.
          Autant pour les chrétiens que les musulmans du Liban, Sfeir restera la figure de proue de la réconciliation et
          de la paix : « (il a) amené le Liban à la paix après les conflits sanglants et destructeurs » (Saad Hariri, Premier
          ministre) et « contribué à renforcer le vivre-ensemble et à protéger le Liban » (Cheikh Abdel Amir Kabalan,
          président du Conseil supérieur chiite).

                               e
          Son décès dans sa 99  année a suscité nombre de réactions dans la presse et sur les réseaux sociaux : les
          Libanais, tous concernés par cette grande perte spirituelle et nationale, ont rendu un hommage des plus
          dignes au Patriarche Sfeir, exprimant leur tristesse et leur désolation, mais aussi leur admiration au grand
          disparu.


           Sur la disparition du Patriarche Sfeir…             « La tristesse alourdit aujourd’hui les cœurs des Libanais,
                                                               au départ d’un prêtre qui a agi en silence, d’un sage
                « C’était l’homme du dialogue et de la rencontre,  tranquille  animé  d’un  esprit  de  réconciliation  et  de
                aimé par tous les Libanais. »  (Cardinal Leonardo   pardon. L’Église maronite perd en lui un homme qui
           Sandri, préfet de la Congrégation pontificale pour les Églises   sut habilement la protéger des lourdes conséquences
           orientales)                                         de ses crises, des guerres, des vents des conflits, des
                                                               divisions  et  des  éclatements  qui  ont  soufflé  sur  le
           « Le patriarche résistant (…), icône de la liberté, de   Liban pendant des décennies. » (Michel el-Khoury, ancien
           l’indépendance, de l’héroïsme silencieux (…), a laissé   ministre, président de l’Association des membres de la Légion
           une  rare  leçon  de  résistance  et  de  constance  dans   d’honneur)
           les  principes,  il  n’a  jamais  fait  de  compromis.  Il  a  su
           répondre, avec des arguments, à ceux qui tentaient de  « Sans sa sagesse, sa vigilance, son conseil, le Liban,
           le mener là où il refusait d’aller » (Samir Geagea, chef des   menacé de disparition, n’aurait pas tenu. » (Jamal Jarrah,
           Forces libanaises)                                  ministre de l’Information)



         182   Nous du Collège - N  291 - Juillet 2019
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