Page 49 - Nous 292
P. 49
Le soulèvement populaire
vu par les jeunes DOSSIER 49
Nous du Collège - N 292 - Février 2020
o
Les jeunes face à la révolte
du 17 octobre
urant la période qui a suivi le fameux 17
Doctobre 2019, les Libanais ont mis de côté
leurs différends en manifestant leurs revendications
et leur opposition au système, principalement au
centre-ville et dans les régions et les villes les plus
peuplées.
Dans un monde d’adultes sombrant dans le chaos,
ces derniers étant divisés de par leurs avis et leurs
croyances. Les jeunes, ayant leurs propres points
de vue, occupent une place fondamentale. Mais,
ces derniers peuvent-ils faire fi des pensées de
division émises par les générations précédentes ?
Et, si oui, de quelle manière leur quotidien a-t-il été
affecté par les évènements qui ont bouleversé la
société libanaise ?
Pour voir plus clair dans notre façon d’analyser
et d’appréhender la situation de notre pays,
nous nous sommes réunis avec l’équipe du Nous
du Collège et, après avoir mis en commun nos
idées, nous avons décidé de traiter l’évolution ou
l’adaptation des jeunes durant cette « révolte »
sans précédent.
Un questionnaire , établi par Térésa Hindi et
1
Marianne Sadek Rahmé (en classe de 2 ), a fait
de
re
le tour du Collège, donnant ainsi la possibilité aux Illustration : Sandrine Aylé 1 1
jeunes du Petit et du Grand Collège de faire part
de l’incidence de ces événements sur leur quotidien.
Aussi, avons-nous pu observer au CNDJ des mouvements effectués par les élèves qui ont déclaré
avoir un rôle à jouer à leur échelle d’étudiants. C’est ainsi que les élèves ont organisé un sit-in le
jeudi 7 novembre 2019 à la deuxième récré sur la Cour de la Vierge. Aussitôt, ce rassemblement
pacifique a montré, une fois de plus, la solidarité des jeunes envers leur patrie et leurs camarades.
Une vidéo que j’ai moi-même réalisée résume ce rassemblement dont l’écho résonne encore au
plus profond de nous. Tout cela a renforcé notre attachement à notre patrie, mais a également
forgé en nous un esprit d’équipe remarquable, comme en témoigne la belle solidarité entre les
élèves.
De plus, plusieurs disciplines artistiques ont vu foisonner l’expression créative sous toutes ses
formes, allant des projets de dessin ou de peinture aux projets audiovisuels. Nous retrouvons
d’ailleurs cette même fièvre artistique chez la plupart des Libanais, qui ont donné libre cours à
leurs pensées, probablement saturées avant ce soulèvement populaire. Bien entendu, les réseaux
sociaux n’ont pas occulté ce phénomène, puisqu’ils ont, en partie du moins, encouragé les actions
effectuées par les jeunes.
Il faut aussi noter que la « Révolte » a eu lieu à toutes les échelles, intellectuelle, artistique et,
évidemment, sociale. Son impact est donc clairement visible à travers le quotidien des jeunes qui
1 Voir P. 59.

