9e d'une famille de 13 enfants, le P. Bruno Sion estime que cette position au sein de sa famille a conditionné beaucoup de choses dans ses relations avec les autres ;
il ne se sent pas très à l'aise dans des situations de leader, alors qu'il a toujours été formé au travail en équipe, dans une ambiance extrêmement joyeuse. Vice-recteur au Collège depuis le mois de septembre 2008 et enseignant de mathématiques en Terminale, il a bien voulu accorder à l'équipe du Nous du Collège cet entretien.

Quel est votre parcours universitaire, professionnel, etc.? Qu'en retenez-vous ?
J'ai commencé à enseigner en 1965 comme répétiteur, à l'Université catholique de Lille, étant encore étudiant. Mon début professionnel date de 1969 à Hazebrouck, dans les Flandres françaises où j'ai enseigné aux élèves des classes de 4e, 2de et Terminale. J'ai ensuite donné les mathématiques à l'Université catholique de Lille - l'École d'ingénieurs et la Faculté des sciences - pendant 13 ans.
Je suis arrivé au Liban en 1983, laïc, et j'ai passé un an à Kfarfalous, à l'École de technologie industrielle de l'USJ, en tant que directeur adjoint et enseignant. Je suis revenu en 1989, jésuite, et j'ai intégré l'ESIB, enseignant plus particulièrement dans les classes préparatoires. Dès 1992, j'ai été nommé vice-recteur au niveau de l'administration de l'USJ, tout en gardant mes cours à l'ESIB. J'ai aussi été président du conseil d'administration de l'Hôtel-Dieu.
Quelles sont vos autres occupations ?
Au Collège, je suis aumônier des scouts et du MEJ.
Dans la Compagnie de Jésus, mes fonctions ont changé. J'étais socius, et aujourd'hui, je me retrouve délégué du provincial pour le Liban.
En dehors de la Compagnie, je suis accompagnateur de groupe de Vie chrétienne (CVX) et je donne des retraites spirituelles.
Comment arrivez-vous à jongler avec toutes ces occupations ?
Le plus important est de prendre ça de manière cool, de garder la tête froide et bien organisée.
Laquelle de vos activités prenez-vous le plus de plaisir à exercer ?
Si j'aime beaucoup enseigner et donner les retraites, j'apprécie globalement les différentes fonctions que j'occupe.
Vous enseignez à des élèves de Terminale, comment trouvez-vous le niveau général ?
Je n'ai pas d'élément de comparaison, je découvre les choses, j'observe.
Mes collègues m'aident et me donnent des conseils dans la manière de noter les tests, dans la façon d'enseigner ou au niveau du rythme à adopter.
Je trouve que les réunions de coordination sont très utiles. Ce qui fait la différence avec l'ESIB, c'est qu'à Jamhour on se préoccupe beaucoup plus de pédagogie.
Comment percevez-vous le futur du Collège ?
Je le vois tel qu'il est maintenant. Un lieu où l'on se soucie de l'éducation globale de l'élève, de sa discipline, et où l'on suit son évolution. Il y aura sûrement une place plus grande pour la technologie, l'informatique, la communication.
Le but du Collège est de former des citoyens capables de se prendre en charge. Des citoyens qui puissent prendre conscience des possibilités qui s'offrent à eux sur tous les plans.
Quels sont vos projets pour le CNDJ ? dans 10 ans ?
Je n'ai aucun projet. Je ne sais pas encore comment je vais m'y insérer.
Quelles étaient vos attentes avant de venir au Collège ? Ces attentes ont-elles été satisfaites ?
J'ai demandé à enseigner, parce qu'il y a énormément de satisfaction à bien connaître ses élèves et à enseigner. J'ai une classe de 26 élèves, ce qui est très bien. Je découvre aussi que le Collège est une institution qui fonctionne bien.
Y aura-t-il beaucoup de changements au Collège ? Un renforcement, un relâchement des règles ?
Selon moi, le Collège protège trop ses élèves alors qu'il existe, au-dehors, des environnements parfois plus hostiles ou plus indifférents. Les élèves doivent être prêts à affronter des situations sans être forcément soutenus, accompagnés ou guidés, parce que le monde réel n'est pas un cocon. Je trouve cependant que le Collège assure une bonne formation au débat, à la réflexion et à l'expression. Ce sont là des choses primordiales.
Je trouve que le sport est essentiel, et je suis ravi de constater que le Collège lui accorde une place importante. À l'USJ, j'ai beaucoup fait pour le sport.
Comment peut-on faire alors pour préparer les élèves à ce monde extérieur ?
Il faut être plus agressif : prendre des mesures qui laissent plus d'autonomie à l'élève afin qu'il sache se débrouiller tout seul. Le monde réel est beaucoup moins sympathique.
Sandra Geahchan - SV2