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Thème de l'année
2012-2013
SE DONNER, SE REPOSER
Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait : c'était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le sixième jour. Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement. Le septième jour, Dieu avait achevé l'œuvre qu'il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l'œuvre qu'il avait faite. (Gn 1,31s)
Dans la Création, dans les sacrements, Dieu se donne lui-même : « Le Bon se diffuse », dit saint Thomas d'Aquin. Créé à l'image de Dieu, l'homme se donne dans l'action, puis il se repose.
SE DONNER
Se donner, c'est se mettre tout entier dans ce qu'on fait, mobiliser toutes ses facultés, « y aller » à fond.
Cela commence par le travail. En classe, me concentrer pour donner toute mon attention à ce que le professeur dit ou fait faire : un cours vraiment suivi est quasiment appris. De retour à la maison, consacrer une ou deux heures de mon temps à la révision du travail de la journée, aux devoirs, à la préparation des évaluations. Pas trop de temps, mais un temps efficace, sans me disperser (sms, tweet, web). C'est là que je recueille le fruit de l'attention en classe : le soir à la maison, réviser sans forcer.
Mais aussi se donner au sport : une occasion de se dépasser, comme les célèbres comparatifs du baron Pierre de Coubertin citius, altius, fortius1, nous y invitent. Se donner aux activités sociales : projet social, CAS, colonie ; se donner aux mouvements comme le scoutisme ou le MEJ : ... à donner sans compter2. En se donnant, on se construit, on se réalise. Accueillir du neuf, découvrir, partager : autant de façons de se donner.
Se donner aux autres et à Dieu, comme fit Jésus : pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime - nous n'en sommes pas là, mais déjà le aimezvous les uns les autres comme je vous ai aimés ne laisse pas de seuil au-delà duquel nous serions en règle. Père entre tes mains, je remets mon Esprit. À quoi fait écho Saint-Ignace Prends, Seigneur et reçois toute ma liberté.
Les paragraphes précédents nous invitent à nous donner, à donner de notre être. Une fois n'est pas coutume, le don de l'avoir est aussi important. Donner de mes biens, de mon
argent, vérifie et réalise le don de mon être. Je ne peux plus payer de mots, de beaux discours ; le don est réel. L'importance de ce don croît avec les biens. Jeune, on n'a rien à donner, mais plutôt tout à recevoir. C'est avec l'âge que l'on commence à avoir à soi, surtout après le premier salaire. Mais l'apprentissage du don ne doit pas attendre, sous le sage discernement des parents : don à la quête, aumône, collecte de vêtements, les occasions ne manquent pas d'éduquer au don.
DANS L'ESPÉRANCE
Le sport a un avantage : apprendre par la défaite que tout n'est pas possible, qu'un échec peut arriver, et comment se relever ; cette leçon coûte moins cher qu'un redoublement ou qu'un divorce. Il faut le reconnaître : se donner n'est pas une garantie de succès. On voit des élèves travailler d'arrache-pied, mais échouer - alors qu'un camarade peut briller sans guère travailler. Comment expliquer alors aux parents que ce n'est pas injustice, mais inégalité ? Se donner est un devoir, qu'on remplit dans l'espérance. La récompense viendra, mais peut-être dans l'au-delà.
SE REPOSER
L'homme est ainsi fait qu'il ne peut travailler sans cesse. Il doit se reposer - Dieu luimême se reposa et nous le commanda.
C'est une nécessité physiologique : dormir, tout simplement. Construisons, défendons notre temps de sommeil. Le terme est connu : l'heure du lever pour aller au Collège. C'est le début qu'il faut défendre, l'heure où le marchand de sable peut nous clore les yeux. Il faut le défendre contre deux ennemis contraires : l'excès de zèle et la dissipation. Certains parents montent pour leur enfant une deuxième école à la maison ; c'est une de trop : il ne peut être attentif si longtemps, et il dormira en classe le temps qu'il ne peut dormir à la maison. D'autres parents laissent leurs enfants devant l'ordinateur sans contrôle. Ils veillent (ou somnolent) jusqu'à point d'heure.
Se reposer est aussi une nécessité spirituelle. C'est un temps de respiration, de recul, de réflexion, de culture, de communion, de prière. On prend son temps, et l'on repense à sa vie, au temps passé, au temps qui vient. On prend le temps de bâtir son humanité. Dans un dîner de promotion, un ancien me disait avec douleur comment il était devenu esclave de son travail ; il n'avait pas pris un jour de congé depuis dix ans.
Se donner et se reposer sont les deux temps qui rythment toutes les activités vraiment humaines. Les fruits en sont l'efficacité et la joie. Qu'elles vous soient données !
BRUNO SION, SJ
RECTEUR
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1 « Plus vite, plus haut, plus fort », devise des Jeux Olympiques.
2 Prière scoute

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