P. Pierre Wittouck : qui est-il ?

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Certains disent qu'il ressemble au Père Noël, d'autres pensent qu'il ressemble à leur grand-père... Mais qui est donc ce père jésuite que nous rencontrons souvent depuis quelques années dans la forêt du Collège, prenant soin des plantes et des arbres du campus ? Et aussi à la piscine du Centre sportif, et plus récemment dans la division des Moyens ?

Pour en savoir plus sur le père Pierre Wittouck, Nour Khairallah (4e6) et Charbel Aoun (3e5) l'ont interviewé pour le NOUS du Collège, et ont découvert une personne pleine d'humour et au vécu intéressant.

Nous retraçons pour nos lecteurs les grandes lignes de sa vie et quelques unes des nombreuses anecdotes qu'il nous a racontées.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m'appelle Pierre Justin Henri Joseph Wittouck, je suis né le 31 juillet 1931 à Bruges, en Belgique. Mon père s'appelait Paul, il était officier, et ma mère, Alice ;
elle était d'origine française. Je fête mon anniversaire le 1er novembre (je suppose que c'est le jour de ma conception) parce que je pense que les neuf premiers mois de la vie sont les plus importants et qu'il ne faut pas les oublier.

 

Quelles études avez-vous suivies ?

J'ai étudié la philosophie pendant trois ans puis la biologie et la théologie pendant huit ans. J'ai obtenu un doctorat en biologie animale mais j'ai beaucoup enseigné la biologie végétale, surtout au Liban. En tout, j'ai passé 14 années à l'université. J'aimais beaucoup les animaux, et comme ma maman ne les aimait pas, j'en élevais en cachette quand j'étais petit.

 

Quand et pourquoi avez-vous décidé de devenir prêtre ?
Quelle était la réaction de vos proches ?

J'ai senti l'appel de Dieu à ma première communion et j'ai aussitôt dit à tout le monde :
« Je veux devenir prêtre ! » Mon arrière-grand-mère répondait : « Quand tu connaîtras les filles, tu changeras vite d'avis mon p'tit Pierre ». Mais à douze ans, à ma confirmation, je voulais vraiment devenir prêtre même si mes parents n'y étaient pas favorables.

 

Pourquoi avez-vous choisi la Compagnie de Jésus pour y vivre votre vocation ?

Élève dans un collège jésuite, j'ai eu la chance d'avoir pour père spirituel le Père Bribosia avec qui je discutais souvent. Je savais que je me destinais à la prêtrise, et je me suis dit pourquoi pas la Compagnie de Jésus ?
D'autant plus que je voulais être missionnaire. D'ailleurs, adolescent, quand on me demandait quel métier je voulais exercer plus tard, je répondais : « père jésuite ».

 

Quand et pourquoi avez-vous décidé de venir au Liban ?

Je n'ai rien décidé, je suis là par obéissance ! On m'a envoyé ici comme on m'a envoyé en Afrique (Zaïre, Bénin...), pour des remplacements de deux ans. En 1982, le père Ducruet cherchait deux pères jésuites pour enseigner sur le campus universitaire de Kfarfalous (au sud) et comme j'enseignais la biologie animale, on m'a demandé de venir ici. J'étais censé y rester deux ans, mais finalement, je suis resté beaucoup plus ! C'était une année très difficile, la situation au Liban (notamment au sud) était critique, il y avait beaucoup de barrages palestiniens et beaucoup de tension.

 

- Avant de venir au Liban, j'avais lu dans un guide que les gens conduisaient à droite, conformément au code français. Quand je suis arrivé au Liban, en quittant l'aéroport en compagnie du P. Ducruet, je voyais les gens conduire dans tous les sens ; je lui ai alors demandé : « Ici, on roule à droite ou à gauche ? »,
il m'a répondu : « On roule où on veut !! »

 

Quelle fonction occupez-vous à présent au Collège ?
Que faisiez-vous avant de venir à Jamhour ?

Je suis père spirituel de la division des Moyens depuis la rentrée de septembre 2012.

De 2009 à 2012, j'étais préfet de l'église Saint-Joseph des pères jésuites, à Ashrafieh, mais je résidais à Jamhour. Et avant cela, j'ai été pendant 23 ans enseignant de biologie au à l'USJ à Tanaïl (de 1986 à 2009).

 

- Un jour je conduisais à Beyrouth, les feux de signalisation venaient d'y être installés. Je m'arrête au rouge, et BOUM ! on me rentre dedans ; c'était une voiture de police ! Le policier furieux, descend de voiture et me demande pourquoi je me suis arrêté, je réponds parce que le feu est rouge et le policier de s'exclamer : « On passe au rouge ! »

 

Êtes-vous proche des élèves du Collège?

Demandez-le leur ! Moi je dirais oui, il paraît que j'ai un certain succès auprès des élèves, l'avantage est que je n'ai pas d'autorité sur eux, mais je suis plutôt leur
« jeddo »

 

Si c'était possible, que changeriez-vous au Collège ?

Comme je suis responsable des espaces verts, j'ai déjà réussi à mettre un peu plus de fleurs au Collège. Je trouve qu'il faudrait peut-être un peu plus d'humanité dans ce Collège... Bien entendu, il faut de l'ordre et de la discipline, mais peut être un peu plus d'humanité dans les relations avec les autres. Le grand nombre n'y est pas favorable.

 

Quels sports pratiquez-vous ? Lequel préférez-vous ? Pourquoi ?

Pour l'instant, la natation me détend le plus. Je suis partisan de l'hydrothérapie ; la natation soulage toutes les douleurs (migraines, mal de dos,...) J'étais aussi gardien de but de ma classe au collège et j'ai longtemps pratiqué le tennis, j'étais également très bon en Ping-Pong - je ne sais pas si j'ai toujours la dextérité (rires) - et j'ai fait beaucoup de vélo.

 

Et la pétanque ?

Je ne suis pas particulièrement fan de pétanque (c'est plutôt le P. Khachan qui en est), mais il fallait bien occuper les élèves pendant la récréation au lieu de les laisser se battre, et j'ai pensé à la pétanque ! Deux terrains ont été aménagés cette année et les matchs ont commencé il y a quelques jours.

Au moins quand je mourrai on dira « on lui doit bien deux terrains de pétanque au Collège : Espace Wittouck » (rires).

 

Aimez-vous le Liban ?

Je suis heureux au Liban car c'est ici que Dieu m'a envoyé et c'est ici que je dois être.

Quand je suis entré chez les Jésuites, j'ai demandé une chose, c'est d'aller au Japon un jour, et je n'y ai jamais encore mis les pieds... Quand je suis venu au Liban en 1982, c'était pour une période de 2 ans, et j'y suis resté beaucoup plus...

 

Si nous avions eu plus de temps, nous aurions pu bavarder encore longuement avec le P. Wittouck, tant il a de choses à raconter. Mais voici que la cloche sonne et qu'il faut rentrer en classe. Nous retiendrons de cet entretien que le P. Wittouk est un amoureux de la nature « Je suis pour les arbres et la paix » a-t-il affirmé, mais qu'il aime aussi beaucoup l'humour, en bon Belge francophone qu'il est (NDLR). Ses nombreuses anecdotes nous laissent même penser qu'il est très marqué par la circulation routière au Liban !!!

NOUS du Collège 279 - Juillet 2013