Mot de M. Toufic Aris, parrain du projet

Monsieur le Gouverneur de Beyrouth
Messeigneurs,
Messieurs les députés,
Révérends Pères, Révérendes Soeurs
Chers membres de la famille du collège de Jamhour et de Saint Grégoire,

 

En 1998,  le Collège Saint-Grégoire dédié à l’origine à  l’éducation des jeunes garçons  arméniens mais devenus moins nombreux dans ce quartier de Beyrouth,  est repris en charge par  le collège de Jamhour.

En 2015, à  l’occasion du 25eme anniversaire de la fondation de l’AJFE ,  s’adressant aux anciens, le père Batour, alors nouveau recteur ,  leur disait la reconnaissance du collège pour tout ce qu’ils ont fait et feront  pour le soutenir, le développer et le promouvoir.  Il termine son mot en assurant les anciens

*qu’il a à cœur la préservation de ce patrimoine qu’est le Collège Notre-Dame de Jamhour, par fidélité à l’intention de la Compagnie de Jésus qui a fondé ce collège,

*et aussi qu’il a le souci du développement du Collège pour qu’il soit à jour dans le monde de l’éducation et pour répondre aux besoins futurs de notre jeunesse libanaise.

En 2018, La croissance du Collège saint Grégoire se poursuit. Il devient nécessaire d’agrandir les locaux.

En face de Saint Grégoire, l’école Sainte Suzanne tenue par la congrégation des sœurs arméniennes catholiques de l’immaculée conception  qui recevait les jeunes filles, arrêtait son activité.

Sainte Suzanne présentait ainsi une possibilité d’extension pour saint Grégoire.

Quoi de plus naturel alors que d’agir pour que la transmission se fasse entre les sœurs d’une part et les Pères jésuites d’autre part, surtout quand on connait la relation des pères jésuites avec la communauté arménienne, commencée le siècle dernier avec la mission d’Arménie.

 

Il était normal de m’impliquer et de m’engager pour servir  de catalyseur et  faire réussir cette entente.

Mais je crois aussi que Notre Dame de Jamhour et Saint Grégoire sont intervenus. Surtout quand on sait les délais courts pour la rénovation puisqu’il fallait être prêt pour la rentrée d’octobre 2018, alors qu’au départ on espérait seulement pouvoir utiliser les espaces extérieurs

 

Et aujourd’hui, c’est donc  le fruit d’une belle coopération et d’une belle solidarité entre 2 congrégations religieuses que nous célébrons.

 

Le 23 mai 1968, il y a 50 ans, s’adressant - à titre de parent - aux élèves de première et terminales de Jamhour, mon père Antoine Aris, fortement engagé  dans la formation des jeunes et dans le mouvement scout du Liban, leur disait  - je cite -  :

 

« Sachez d’abord une chose, vous qui vivez dans cette atmosphère heureuse d’un collège chrétien dirigé par d’excellents éducateurs chrétiens, que vous êtes là par la volonté expresse de ces adultes que sont vos parents …,

que nous voulons vous éduquer dans la foi au Christ, c'est-à-dire dans une merveilleuse et difficile aventure, l’aventure des fils de Dieu…

Nous ne serons jamais fiers d’un bachelier diplômé s’il n’a pas le cœur pauvre et l’âme loyale et pure.

Nous n’avons que faire de techniciens sans âme et sans conscience, de spécialistes intéressés : ceux -là ne pourront jamais construire autre chose qu’un monde dur, un monde d’argent, un monde où jamais ne fleurira la charité.

Nous pensons même que le travail, aussi acharné qu’il soit, s’il n’est animé que par la poursuite orgueilleuse d’une ambition personnelle, s’il n’a  d’autre mobile que la volonté égoïste d’arriver, n’est encore que stérile.….

Nous avons l’ambition  de faire de vous des hommes au service des autres, pour qui la vie n’a d’autre sens, pas d’autre bonheur que de rendre les autres meilleurs, plus heureux. …..

Nous rêvons de vous voir rayonner de vie, de vie divine, créant autour de vous la nostalgie de la grandeur. Nous ambitionnons pour vous les premières places dans la cité parce que vous rayonnerez plus largement.

Ainsi la recherche des succès scolaires et  les diplômes prennent leur sens : non point pour la vanité d’aligner de complaisantes statistiques et la fierté de chanter un succès, mais parce que nous y voyons un moyen d’entrer davantage dans la cité et de servir davantage »  fin de citation

 

Ces paroles sont encore plus actuelles dans ce monde aujourd’hui devenu tellement matérialiste.          

 

Et nous, anciens, savons la vocation des pères jésuites,  à savoir former des  hommes avec et pour les autres.

 

Cette mission répond aux convictions de mon père, par ailleurs aussi fortement engagé et impliqué au service de la communauté arménienne catholique

 

Par conséquent, il était donc naturel qu’en son nom et celui de ma mère, la famille apporte son soutien au projet de développement de Saint Grégoire et de Jamhour.

 

Ce soutien se veut aussi un exemple de l’engagement des anciens dans le développement du collège.

 

La présence de Jamhour à Beyrouth, au cœur de ce quartier, se renforce.  

On ne peut que se réjouir et encourager  une telle initiative

 

Elle vient dans la continuité de l’action des pères jésuites depuis plus de 140 ans et on  peut se demander ce que serait le Liban sans les pères jésuites avec leurs  écoles et universités.

 

L’école a le défi de « produire » des diplômés et des têtes bien faites, mais aussi des leaders pour et avec les autres,

Elle doit produire une élite intellectuelle, mais aussi une élite  morale

Elle doit avoir  le souci de lier constamment la compétence à la sagesse, et la compétition  à la solidarité.

 

Cher Père Batour,  

Nous savons qu’avec toute l'équipe éducative du Collège, vous maintenez   l'enseignement d'excellence qui est prodigué à Jamhour, véritable fleuron de l'enseignement au Liban et, par ses anciens, dans le monde.
Vous donnez  aux élèves l'esprit de tolérance et d'ouverture au monde, la valeur de la vie qui les rend aptes à concevoir et à dessiner l'avenir, avec un esprit libre et généreux.
Vous leur apprenez  que bien des choix les attendent, bien des causes qui requièrent leur détermination, leur courage, et leur engagement.
Vous les aidez  à forger leur esprit et aussi leur âme.

Dans un monde miné par le matérialisme et l’individualisme, ils apprennent à promouvoir les valeurs convergentes de la solidarité, du partage et de l’humanité.

Nous nous devons de vous apporter tout le soutien.

Et  nous vous  souhaitons  bonne continuation, à la suite de saint Ignace , en vue de la croissance et du rayonnement  de Jamhour et de Saint Grégoire.

Enfin, il faut noter qu’une telle initiative  de développement   – en cette période de morosité dans notre pays – permet de rester optimiste et de croire en notre Liban, Liban message de Jean Paul 2.

Que Notre Dame de Jamhour et Saint Grégoire protègent ce Collège, ses élèves et ceux qui en ont la charge.

M. Toufic Aris, parrain du projet