L'Orient-Le-Jour : Carlos Ghosn invité d’honneur des Anciens de Jamhour à Paris

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L'AJFE a célébré ses 25 ans d'existence dans le cadre d'un dîner de gala, en présence de l'un de ses prestigieux anciens, Carlos Ghosn, président de l'alliance Nissan-Renault.

Agenda :  Société
OLJ - 07/10/2015

C'est sous les fastueux lambris du salon Opéra de l'hôtel InterContinental de Paris que se sont déroulées (3 octobre 2015) les festivités pour les 25 ans de l'Amicale des anciens de Jamhour en France et en Europe (AJFE). Une délégation composée du père Charbel Batour, recteur du Collège Notre-Dame de Jamhour, du père Jean Dalmais et de Nagy Khoury, respectivement père assistant et secrétaire général de l'Amicale des anciens a fait spécialement le déplacement du Liban pour l'occasion. Plus de deux cent-cinquante personnes, dont des officiels comme l'ambassadeur du Liban auprès de l'Unesco, Khalil Karam, le chargé d'affaires du Liban à Paris, Ghady Khoury, ou encore l'exarque patriarcal, curé de Saint-Julien-le-Pauvre à Paris, Mgr Charbel Maalouf, étaient présentes à l'événement. La soirée, présentée avec grâce et talent par Marielle Ferneiné, avait été minutieusement préparée par le conseil d'administration de l'AJFE, sous la présidence d'Hubert Khalifé et la vice-présidence d'Élias Matta.

Le coup d'envoi est donné par le président de l'AJFE qui remercie les présents d'être si nombreux à avoir répondu à l'appel et se félicite de la présence de Carlos Ghosn, « homme providentiel qui a pu sauver et redresser nombre de compagnies parce qu'il avait compris que la science doit se coupler à la conscience pour être durablement productive ».

Hubert Khalifé poursuit en précisant que « Carlos Ghosn apporte spontanément à ce qu'il accomplit cette étincelle qui donne à la fois la réussite et la modestie des grands hommes ». Le président conclut en assurant que ce n'est pas « l'association qui doit les mobiliser, mais eux-mêmes qui doivent mobiliser l'association ».

Puis la parole est donnée à Nagy Khoury, qui fait un rappel très émouvant des débuts de l'amicale en pleine guerre du Liban et de la façon dont elle a regroupé un noyau d'anciens en France et en Europe. Cette « véritable institution fonctionne à plein rendement et rayonne au Liban et à l'étranger, une institution au service du collège, mais aussi du Liban », dit-il. Le secrétaire général rappelle aux présents que l'Amicale des anciens avait créé la Mutuelle qui accorde chaque année aux écoliers des aides considérables en bourses scolaires. Il évoque également « la première fête commune de l'histoire entre chrétiens et musulmans, la fête de l'Annonciation, le 25 mars, qui est devenue, depuis 2010, fête nationale », et conclut en rendant hommage à tous ceux qui se sont dévoués pour le bon fonctionnement de l'AJFE.

Le père Charbel Batour, recteur nouvellement nommé, prend ensuite la parole pour dire sa joie « de faire la connaissance de la communauté de Jamhour ». Il a fait part de la fierté du collège devant ce qui est « réalisé en dehors de notre pays ». Comme le veut la coutume, le père recteur donne des nouvelles du collège à des anciens heureux d'apprendre l'évolution pédagogique, culturelle et structurelle d'un lieu qui a tant compté pour eux.

« Qu'avons-nous appris à Jamhour ? »
Après la bénédiction du père Jean Dalmais, le dîner commence, accompagné d'un intermède musical par le pianiste Élie Maalouf et le percussionniste Youssef Zayed.
Il est suivi d'une conférence de Carlos Ghosn, qui a été présenté par son ami d'enfance, camarade de promotion et proche collaborateur, Farid Aractingi. Ce dernier a fait à l'auditoire une présentation tout à fait originale. Sept anecdotes personnelles et hautes en couleur, s'échelonnant de 1966 à 2000, sous le titre « humour, leadership, pragmatisme, modestie, management, ambition et focalisation », campent, au fur et à mesure qu'elles sont racontées avec humour et panache, une personnalité inédite et attachante, loin des habituelles biographies autorisées qui présentent un chef d'entreprise austère, lointain, voire désincarné.

Carlos Ghosn pendant son allocution. Le père Charbel Batour, Nagy Khoury et le comité de l’AJFE autour de Carlos Ghosn.

Carlos Ghosn prend la parole et rend un hommage appuyé et émouvant à son collège. Il raconte la genèse de l'installation de l'établissement de Jamhour, qui succède à celui de Beyrouth, et dont l'ambition est « un programme fondé sur la fidélité aux traditions et la nécessité des changements pour préparer le futur, dans un équilibre : entre la stabilité acquise du passé et les inventions imprévues de l'avenir. Vision stratégique ambitieuse, doublée de l'excellence de l'exécution. Comme pour une entreprise performante ».

Le président de l'alliance Renault-Nissan pose ensuite la question suivante : « Qu'avons-nous appris à Jamhour ? » Et ici les réponses ne manquent pas : « Le sens de la discipline et de l'organisation, le goût de la compétition, l'amour du travail bien fait et l'ouverture aux autres, surtout quand ils sont différents. » « Et c'est ainsi que nous sommes devenus des hommes, libres et responsables », poursuit Carlos Ghosn qui « souhaite profiter de cette occasion pour remercier les pères jésuites, qui ont consacré le meilleur d'eux-mêmes à nous éduquer et nous aider à nous élever, car, grâce à eux, nous sommes ce que nous sommes. Ici et maintenant ». « Comment avons-nous fait fructifier ce capital éducatif ? » s'interroge encore Carlos Ghosn. « En identifiant d'abord nos talents. Puis en les développant. Sans arrogance ni paresse, mais avec détermination et conscience », répond-il avant de parler du rôle de l'entreprise dans la « vie de la cité et de ses citoyens », des actions éducatives et sociales entreprises par l'alliance Renault Nissan et de « la responsabilité de chacun d'entre nous ». Et tout cela, dit-il, il l'a appris à Jamhour.

En conclusion, Carlos Ghosn parle de la valeur fondamentale de l'amitié, car « les amis que nous nous sommes faits au collège, ils le sont pour la vie – c'est mon cas, et sans aucun doute aussi le vôtre ».
Élégant, motivant, intéressant, convivial, ludique, ce vingt-cinquième anniversaire restera sans doute longtemps dans les cœurs et les esprits de ceux qui y ont pris part.