L'Orient-Le Jour : Charbel Batour, chevalier de l’ordre des Palmes académiques

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L'Orient-Le Jour > Liban
Distinction honorifique - Marlène AOUN FAKHOURI | OLJ - 19/06/2018
 

« L’homme que j’ai l’honneur de saluer ce soir est un éducateur engagé en faveur d’une éducation franco-libanaise, humaniste, soucieux du bien commun… Un homme qui trace sa route singulière, qui fait le choix de renouveler chaque jour cette alliance ancienne qui lie la Compagnie de Jésus au Liban et la France dans un système éducatif. » C’est en ces termes que la directrice de l’Institut français du Liban et conseillère de coopération culturelle Véronique Aulagnon a rendu hommage au père Charbel Batour, recteur du collège Notre-Dame de Jamhour et des établissements jésuites du Liban, en lui remettant au nom du ministre de l’Éducation nationale de la République française l’insigne de chevalier de l’ordre des Palmes académiques. Étaient notamment présents à la cérémonie, qui s’est déroulée au centre sportif, culturel et social du collège NDJ, le provincial de la province jésuite du Proche-Orient et du Maghreb, le père Dani Younès, le mohafez de Beyrouth Ziad Chbib, les députés Alain Aoun et Michel Moawad, le consul général de France, Karim Ben Cheikh, le directeur général du ministère de l’Éducation Fadi Yarak, le secrétaire général des écoles catholiques, le père Boutros Azar, et plusieurs diplomates.

Véronique Aulagnon remettant l’insigne de chevalier dans l’ordre des Palmes académiques au père Charbel Batour. Photo André Khalil

 

 

Dans son discours, Véronique Aulagnon s’est déclarée « honorée de remettre au père Charbel Batour l’insigne de chevalier dans l’ordre des Palmes académiques, le plus ancien des ordres honorifiques français réservés aux civils, depuis sa création en 1808 par Napoléon Ier ». « Il distingue les personnalités ayant rendu un service remarquable à l’éducation et la francophonie, a-t-elle relevé. Vous avez souhaité que cette cérémonie se tienne au centre de l’établissement que vous dirigez déjà depuis cinq ans afin de partager cet hommage avec toute la communauté de Jamhour en petit comité. Mais c’était un engagement difficile à tenir car Jamhour est plus grand que Jamhour, un établissement de référence depuis sa fondation par les pères jésuites au XIXe siècle. Cette reconnaissance de la France s’adresse non seulement à l’institution mais d’abord à l’homme qui défend l’enseignement humaniste forgeant l’individu dans sa globalité, qui s’attache à former des citoyens défenseurs du dialogue interreligieux, favorisant l’ouverture, la passion pour autrui, dans un souci de respect de la dignité humaine qui fait étroitement écho à l’attachement de la France aux principes d’égalité et de fraternité…Par cette distinction, la France se reconnaît dans votre parcours, dans votre passion à apprendre et à comprendre tout en cultivant votre identité orientale. »

 

Prenant la parole, le père Denis Meyer, s.j, vice-recteur du collège et compagnon de route du père Batour depuis 25 ans, a révélé certains traits de la personnalité de ce dernier : « Un esprit critique inhérent à la culture française et francophone, une détermination le plus souvent éclairée et un grand courage. De ce fait, il a toujours la prudence de consulter longuement avant de prendre n’importe quelle décision, ce qui fait de lui un fin stratège, permettant au niveau académique de notre institution d’être encore plus performant. »

 

Fécondation de la culture franco-libanaise
Dans une allocution de circonstance, le père Charbel Batour a exprimé sa profonde émotion et s’est réjoui de cette nomination : « C’est un honneur pour l’institution, pour l’ensemble de ses acteurs pédagogiques, pour les pères jésuites qui y travaillent depuis 168 ans. Une reconnaissance de tous les efforts déployés par les soldats inconnus et connus qui œuvrent depuis des décennies en faveur de la culture française (...). Par notre engagement envers la culture française, nous rendons un service certain à la société libanaise et à l’ensemble de notre pays. Même si l’on se montre critique vis-à-vis de notre pays, il n’est pas juste d’occulter tout ce que notre culture a donné au mariage franco-libanais », a-t-il souligné.

Et d’ajouter : « Notre humanité, au sens plein, joint la particularité d’une culture donnée à l’universalité de notre dignité humaine, un thème cher aux auteurs des documents du concile Vatican II. Cette tension créatrice et enrichissante est ce que les Libanais, comme nous, ont choisi en optant pour la francophonie et pour la culture française. Nous ne parlons pas suffisamment de la fécondation nécessaire d’une culture par une autre, car cette fécondation fait partie de notre identité véritable en tant qu’humain et en tant qu’être fondamentalement social. »