Le Père Recteur

À tous les élèves du CNDJ et du CSG : Congé forcé dû au Coronavirus

Le Père Recteur
JR/4025/20

Jamhour, le lundi 2 mars 2020

Chers élèves,

Je vous adresse cette lettre au moment où le Collège a suspendu les cours à cause de l’épidémie du Coronavirus. J’espère que vous la lirez attentivement, car elle est adressée à vous personnellement en cette période où vous allez être absents pour quelques jours, voire quelques semaines. Pour vous dire la vérité, 2019-2020 aura été une année d’une difficulté sans pareil. Après l’arrêt des cours qui a suivi le 17 octobre, nous n’avons pas tardé à ressentir le poids de la crise monétaire et économique pour être secoués, ces derniers temps, par le problème du Coronavirus qui touche le monde entier.

Nous pouvons être tentés de prendre ces jours de vacances forcées comme des jours de repos et de loisir. C’est le danger qui nous guette ! Je vous vois continuer votre vie comme si de rien n’était : des heures et des heures passées dans les centres commerciaux, l’usage fréquent des taxis, des anniversaires dans des restaurants ou des hôtels, des jours passés au ski, etc. Peut-être n’est-ce pas le cas de tout le monde, mais c’est sans doute le cas d’un bon nombre d’entre vous.

Chers amis, les temps sont exceptionnels ; et aux temps exceptionnels, une attitude et un comportement exceptionnels sont requis. Vous êtes certainement libres de disposer de votre temps comme vous le voulez, mais je dois, en tant que chef d’établissement, vous rappeler que nous sommes tous, vous, le Collège et vos parents, responsables de l’année scolaire en cours, qui est vraiment en danger.

Les temps de congés forcés doivent être un temps de travail, sinon votre scolarité risque d’être affectée dans les mois et les années à venir. Pour cette raison, nous avons tenu, pendant toute la matinée du lundi 2 mars, des réunions avec les préfets et les coordinateurs pour organiser l’enseignement à distance et j’espère que vous allez tous vous y mettre. Des travaux vous seront envoyés ainsi que des lectures et des recherches à faire. Je vous prie de ne pas prendre le travail proposé à la légère. Toute l’équipe pédagogique du Collège s’engage, autant que faire se peut, à vous aider à distance pour que vous puissiez poursuivre votre travail scolaire dont dépend votre avenir.

Mener à bien ce genre d’opération, c’est prouver, encore une fois, que vous êtes élèves du Collège Notre-Dame de Jamhour et que vous allez porter haut, en toutes circonstances, les couleurs de votre école. Vous adapter à l’enseignement à distance sera notre nouvelle manière de résister, non seulement au chaos économique et sécuritaire du pays, mais aussi à l’arbitraire des maladies et à la précarité de la vie humaine tout court.

Espérant vous revoir bientôt occuper les classes et les cours du Collège, je vous souhaite un bon travail. Prenez soin de votre hygiène et de votre santé à l’ère du COVID-19.

Cordialement,

P. Charbel Batour, S.J.
Recteur

Campagne internationale de collecte de fonds pour le Collège Notre-Dame de Jamhour

Le Père Recteur
JR/3995/19

Aux Anciens Élèves et aux Amis du Collège Notre-Dame de Jamhour :
Objet : Campagne Internationale de Collecte de Fonds.

(version pdf)

Jamhour, le 19 décembre 2019

Chers Anciens et Anciennes,
Chers Amis du Collège,

 

Je vous lance cet appel à un moment délicat de notre histoire en tant qu’institution et en tant que nation. Comme vous le savez tous, notre pays traverse une crise économique sans précédent depuis la Première Guerre mondiale. Ici n’est pas le lieu de vous en exposer les raisons ; vous les connaissez tous. Je pars surtout d’un constat actuel : le pays est au bord du gouffre économique.

De fait, le système bancaire, colonne vertébrale de l’économie libanaise, est quasiment paralysé. Les liquidités se faisant de plus en plus rares, les dépositaires ont perdu la liberté d’usage de leur argent. Désormais, il existe deux taux de change du dollar américain : le taux officiel dans les banques et le taux des bureaux de change. Le citoyen libanais est touché par la hausse significative des prix dans tous les commerces. Les entreprises licencient leurs employés et ferment les unes après les autres. Le matériel médical et chirurgical n’est plus disponible en quantité suffisante dans les hôpitaux. Les différents secteurs économiques subissent, eux aussi, de plein fouet les retombées de cette crise aiguë.

Aussi les écoles sont-elles loin d’être épargnées. Au Collège Notre-Dame de Jamhour et au Collège Saint-Grégoire, un nombre croissant de familles sont dans l’impossibilité de régler les frais de scolarité de leurs enfants. Beaucoup de parents se retrouvent à la fin du mois avec un salaire réduit ; certains sont sur le point de perdre leur travail ou l’ont déjà perdu. Nombreux sont ceux qui sollicitent, pour la première fois, une aide de la part du Collège, pour que leurs enfants puissent y poursuivre leur scolarité. D’aucuns n’osent même pas demander de l’aide et ce, par dignité ou par manque d’habitude. C’est du jamais-vu dans l’histoire de notre Collège !

Scolarité des deuxième et troisième trimestres de l’année 2019-2020

Le Père Recteur
JR/4012/20

Jamhour, le 29 janvier 2020

Aux parents des élèves du CNDJ et du CSG

Chers Parents,

Je vous écris cette lettre pour vous mettre au courant des décisions financières relatives à l’année scolaire en cours. Les temps sont difficiles pour nous tous et, comme déjà annoncé, un nombre non négligeable de familles ont du mal à régler les frais de scolarité de leurs enfants. Malgré tout cela, la direction du Collège, en accord avec les deux comités des parents, a décidé de geler toute augmentation des scolarités pour l’année en cours.

Grâce à la campagne internationale lancée le 19 décembre 2019 pour collecter des fonds au profit du Collège en cette période de crise (qui a donné +686,608,362 LL à ce jour), nous espérons pouvoir combler, en partie, ce déficit. En effet, la trésorerie du Collège affiche déjà un grand déficit dans les paiements des scolarités de l’année dernière (-852,332,515 LL à ce jour) et dans ceux du premier versement de cette année (-1,665,724,341 LL à ce jour). Ces chiffres pourraient atteindre la somme de plusieurs milliards de livres libanaises d’ici la fin de l’année. Cela dépendra de la situation économique et politique du pays et de la capacité du système bancaire libanais à résister à la crise.

Quoi qu’il arrive, et contrairement à ce qu’a insinué le nouveau Ministre de l’Éducation dans une entrevue accordée au quotidien An-Nahar le 22 janvier 2020, le Collège continuera à accomplir sa mission jusqu’au bout et ce, jusqu’à épuisement de ses ressources. Ce principe, qui a toujours été le nôtre, ne sera jamais remis en question ! Nous comptons sur la générosité de nos donateurs, qui sont en grande partie des parents d’élèves et des Anciens, pour poursuivre notre « résistance éducative » au milieu du chaos économique et politique que traverse notre pays.

Vous souhaitant, malgré tout, une année sereine et paisible, je vous prie d’agréer, chers parents, l’expression de mes considérations les meilleures.

Intervention du R.P. Charbel Batour, S.J. au cours du XXVIème Colloque Annuel des Écoles Catholiques du Liban (03.09.2019)

Jalons pour préparer une restructuration du SGEC-L dans le paysage éducatif libanais en plein changement.

Quand j’ai reçu un coup de fil des organisateurs me demandant d’intervenir au Colloque d’aujourd’hui sur un sujet concernant le SGEC-L (Secrétariat Général des Écoles Catholiques au Liban) et sa restructuration, j’ai aussitôt accepté la demande sans réaliser ce que cela impliquerait vraiment. En prenant le temps de creuser davantage la question proposée, j’ai eu des hésitations et des craintes à ce propos. Que puis-je dire sur un sujet aussi complexe ? Comment parler d’une réforme du SGEC-L étant, moi-même, au cœur de l'action de son Conseil Exécutif ? Comment échapper à une spéculation intellectuelle qui n’aboutit pas à grand-chose ? Toujours est-il que le fait que les organisateurs aient pensé faire appel à quelqu’un pour proposer quelques jalons en vue de la restructuration du SGEC-L lève le voile sur un dysfonctionnement ou un manque ou bien une crise quelconque au sein de cette organisation. Pour cette raison, je nous invite à faire ensemble un effort de réflexion et d'autocritique à partir de ce que j’ai vu et vécu au sein même du SGEC-L à partir de l’année 2009 (l’année où la Compagnie de Jésus m’a nommé délégué de ses écoles au Liban auprès du SGEC-L). Ainsi, vais-je vous proposer 10 jalons qui serviront, je l’espère, à la réflexion et à l’action concernant la restructuration du SGEC-L.

واقع المدارس الخاصة في ظل الوضع الاقتصادي مع الاب شربل باتور

واقع المدارس الخاصة في ظل الوضع الاقتصادي مع الاب شربل باتور (تيلي لوميار 7-11-2018)

Thème de l'année

Thème de l’année 2019-2020

De la fonction positive de l’erreur

 

Comment une erreur, comprise comme écart par rapport à une règle, peut-elle avoir une fonction positive ? Comment peut-on tirer profit d’une faute dans un système scolaire qui ne fait que la sanctionner par le couperet des notes ?

L’année dernière, nous avons abordé la question de la communication, bonne et mauvaise, à travers les réseaux sociaux. Cette année, nous traitons la question de la communication d’un point de vue très particulier, à savoir celui de l’erreur. Pour mieux communiquer avec les autres, pour faciliter le contact avec eux, on doit toujours s’efforcer de respecter un ensemble de règles. Bien parler, bien écrire, bien s’exprimer font partie du but de notre éducation. Se laisser éduquer par les adultes, par les plus expérimentés parmi nous, implique le développement du potentiel multiple de l’élève avec le risque de commettre des erreurs en cours de route. Ce risque accompagne toute éducation, qu’on soit du côté des éducateurs ou de celui des éduqués. Il peut constituer une entrave réelle comme il peut devenir un moyen d’évolution et de promotion humaine.

S’instruire, se laisser éduquer, implique un apprentissage par essai et erreur, by trial and error. Être en progression, en devenir, nécessite une acceptation positive et réaliste de nos limites humaines dont l’erreur fait partie. En classe, un élève peut faire des fautes en dictée, ou mal résoudre une équation mathématique ou encore mal exécuter un exercice d’EPS. La symbolisation de cette erreur par un adulte expérimenté développe chez l’élève la conscience de cet écart par rapport à une règle. Elle met cette même règle en exergue. L’erreur indique la règle comme l’injustice, la justice et la laideur, la beauté. L’erreur acquiert une valeur positive et constructive quand elle fait naître en nous le désir de son contraire. Aussi, sera-t-elle perçue comme l’ombre du vrai et l’indicateur en creux de la vérité ; elle les fait désirer !

P. Charbel Batour, invité de l’émission Happening du 19 juillet 2018 sur la MTV.

P. Charbel Batour, invité de l’émission Happening du 19 juillet 2018 sur la MTV.
Le recteur du Collège Notre-Dame de Jamhour est interrogé sur la culture francophone et sur sa récente décoration dans l’Ordre des Palmes académiques.
La crise du secteur éducatif privé est également à l’ordre du jour.

Lien de la séquence : https://youtu.be/S5CBFNTzBWw

Discours, réponse à la décoration des Palmes Académiques (16 juin 2018)

Très Révérend Père Dany Younes, Provincial de la Province Jésuite du Proche Orient et du Maghreb,

Lettre du P.Recteur : La Parade en Terminale

Le Père Recteur
JR / 3895 / 18

Jamhour, le 16 avril 2018

À l’attention des parents des élèves du Collège Notre-Dame de Jamhour

Chers parents,

Je vous écris cette lettre pour vous faire part de la décision du Collège concernant une pratique qui date depuis plusieurs années en Terminale et que l’on a pris l’habitude d’appeler, au cours de ces dernières années, « la parade ». Vendredi dernier, 13 avril 2018, les classes de Terminale ont organisé leur parade au Collège pour marquer la fin de leurs cours en Terminale et la fin de leur parcours scolaire.

Comme vous le savez, l’école n’a jamais été très chaude pour cette pratique ; elle l’a tolérée dans les années dernières afin de canaliser la tendance excessive des élèves au débordement en fin de Terminale. Le constat que nous avons fait cette année, c’est que cette formule n’a plus sa raison d’être ; elle a atteint une limite que nous ne pouvons plus tolérer. Le Collège dit clairement aujourd’hui qu’il est incapable de gérer une telle entreprise. Dorénavant, nous ne voulons plus cautionner ce genre de débordement au sein de notre établissement, quel que soit le prix d’une telle décision !

Chers parents, nous n’avons plus les moyens de gérer de grandes masses complètement déchaînées sans recourir aux forces officielles de l’ordre, ce qui ne serait pas très élégant ni pour les élèves ni pour le Collège. Même les Scouts du Collège ont été débordés par une organisation qui les a complètement dépassés et par les exactions d’élèves qui n’ont tenu compte ni des petits ni des grands. De plus, les sommes d’argent récoltées auprès de tous les élèves du Collège (!) et dilapidées pour financer une telle activité auraient pu être dépensées pour des activités plus productives et moins nocives. Et le nettoyage du Collège, à qui donc cette tâche incombera-t-elle ? À quel prix ? Pourquoi ? Est-ce juste d’imposer une telle tâche aux femmes de ménage et aux employés étrangers ? Est-ce vraiment l’éducation que l’on veut promouvoir et dont on peut être fier ? Il y a là quelque chose de fondamental à reconsidérer !

Lettre du P.Recteur : Scolarité du 3e trimestre

Le Père Recteur
JR / 3893 / 18

Jamhour, le 10 avril 2018

Aux Parents des élèves au Collège Notre-Dame de Jamhour et au Collège Saint-Grégoire

Chers Parents,

Nous vous envoyons la facture du troisième versement de la scolarité de vos enfants pour cette année 2017-2018. Comme convenu avec le comité des parents, ce troisième versement[1] est constitué de 25 % de la scolarité de l’année dernière 2016-2017 et de la moyenne des augmentations pour cette année 2017-2018, qui s’élève à 676.000 L.L. par élève pour le CNDJ et à 670.000 L.L. pour le CSG. Cette augmentation, prévue par la loi 46/2017, ne concerne que l’augmentation du salaire de base des enseignants. Quant à l’augmentation prévue pour les 6 échelons exceptionnels[2], elle sera reportée pour l’année ou les années à venir ! Tout dépendra de la modalité de paiement que le Ministère ou le gouvernement préconisera !

Comme vous le savez, nous attendons depuis le mois de septembre 2017 une solution à ce problème que l’État libanais a créé pour tout le monde ! Jusqu’à la date d’aujourd’hui, la solution ne semble pas à portée de main. En débattant, le 29 mars dernier, du budget de l’année 2018, les députés ont refusé, pour la deuxième fois, la proposition du Premier Ministre de séparer les deux législations, celle du privé et celle du public. Cela veut pratiquement dire que nous serons toujours condamnés à payer ce qu’un tiers décide pour nous, à savoir l’État libanais, sans que ce tiers n’assume vraiment les conséquences de ses décisions. Cela va clairement à l’encontre de la lettre et de l’esprit de la Constitution libanaise qui défend, dans l’article 10[3], la liberté de l’éducation au Liban. Quelle liberté nous reste-t-il si l’État intervient, à temps et à contretemps, dans le secteur privé ?! Oubliant ou faisant la sourde oreille à l’appel de toutes les institutions privées et des hautes instances religieuses, les députés – nos élus – ont cru soutenir les enseignants du Liban contre les institutions privées. Les parents d’élèves et les établissements privés auront, en fin de compte, à payer les augmentations qu’ils n’ont jamais décidées. Comment des députés, qui cherchent à se faire réélire le 6 mai 2018, votent une loi contre les intérêts de la majorité de leur électorat, à savoir contre les parents d’élèves, dont le nombre constitue dix fois plus que celui des enseignants du Liban ? Voilà un paradoxe propre à notre pays et à notre culture politique !

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