« Il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l'on t'a confisqué ». Yasmina Khadra

Ce qui manque au citoyen libanais, c'est un sentiment de confiance en l'avenir, d'assurance, de quiétude, une garantie que tout ira pour le mieux. C'est ce vent d'optimisme qui a cessé de souffler, confronté au tumulte du quotidien libanais. Ce qui est recherché est une promesse de lendemain heureux, d'engagement à long terme. C'est ainsi que l'être humain prend refuge dans le monde du rêve, se crée un cocon. C'est alors que rêver devient l'unique alternative aux yeux des Libanais. Qui, mieux placés que les jeunes étudiants tout fraîchement instruits, pour essayer de mener à bien leurs rêves et les attentes liées à leur avenir ? En voyant leur pays en difficulté, en voyant leur pays lutter pour être reconnu, une lueur d'espoir apparaît dans les yeux de ces écoliers qui, plus que jamais, veulent se démarquer et montrer au monde de quoi ils sont capables. Les Jamhouriens ne font pas exception à la règle : arrivés au bout de leur parcours scolaire, au moment crucial de prendre une décision, ils ne sont pas toujours conscients qu'ils sont en train de s'engager de plus en plus dans l'actualité libanaise et qu'ils ont le pouvoir de faire bouger les choses, de participer à la construction de leur pays. Ils sont l'avenir. Jeunes écoliers : Le monde est à nous !
« C'est le succès qui fait les grands hommes » disait Napoléon Ier. Mais qu'est-ce que le succès ? Comment peut-on le mesurer ? Le Grand Larousse le définit comme un résultat heureux, une réussite qui dépend inéluctablement de l'approbation d'autrui.
Est-ce ce que l'on fait qui définit l'homme que l'on est devenu ? Ou plutôt est-ce l'homme que l'on est devenu qui définit ce que l'on fait ? Cette vision du succès diffère d'une personne à l'autre. Pour certains, le succès est celui de l'argent, celui de la puissance, du pouvoir. Pour d'autres, le succès c'est le plaisir de pouvoir se dévouer corps et âme à autrui.
À notre sortie du Collège, le monde nous attend, avec des possibilités de carrière incalculables dans d'innombrables secteurs. Les Anciens de notre école ont prouvé que les frontières ne constituaient pas d'obstacle notable pour les Jamhouriens ; ils sont passés maîtres dans l'art de s'intégrer dans tout genre d'environnement, en sachant profiter de chaque opportunité. Certes, il faut du temps pour arriver aux buts fixés, persévérance et rigueur devant être au rendez-vous, mais nos Anciens de Jamhour ont tant accompli qu'ils sont aujourd'hui au-devant de la scène dans monde de la finance, des affaires, de la politique et des arts. Quelles sont donc les valeurs qui ont fait leur succès ? Quels parcours ont-il suivi à leur sortie de l'école ?
Sandra Geahchan - SV2
La situation des anciens vivant à l'étranger est certes bonne et ne cesse de s'améliorer, mais ceci ne les empêche pas de garder contact avec le Liban et de participer tant bien que mal à sa reconstruction. C'est ainsi que Habib Kairouz fonde, en 1997, avec un groupe d'expatriés libanais vivant à New-York une association à but non lucratif. Cette association, qui porte le nom de SEAL, (Social and Economic Action for Lebanon) a contribué à combattre la pauvreté au Liban en fournissant des aides financières et matérielles à divers secteurs dont l'agricole, le touristique et l'éducatif.
Du côté des jamhouriens, la JAUS (Jamhour Alumni US) a organisé le 21 novembre 2008 sa cinquième réunion de levée de fonds, à New York. Cette organisation, qui a pour but d'aider le Collège en participant au financement des bourses scolaires, a collecté cette année plus de 200.000 dollars, ce qui équivaut à 70 nouvelles bourses. Anciens et amis de Jamhour contribuent toujours à miser sur l'importance du « véritable investissement qu'est l'éducation », comme l'a souligné le Dr Gabriel Sara (Promo 1972), président et membre fondateur de la JAUS, dont la devise est « Une nation éduquée ne meurt jamais ».
Carlos Ghosn, Promo 71, PDG de Nissan Renault, était aussi présent lors de cet évènement. Sa success story a inspiré bon nombre d'étudiants. Devenu une référence en terme de corporate management, Carlos Ghosn a pu faire, d'une compagnie accumulant jadis les pertes et les dettes, un numéro un mondial, et s'ancrer à jamais dans l'histoire de l'automobile. Dans son livre Citoyen du Monde, il prône l'éducation dispensée par les jésuites, faisant allusion à sa scolarité à Jamhour : « Les jésuites, cela a été très important pour ma formation. Ils dispensent une éducation dans laquelle la discipline est très importante, mais également la compétition, le défi permanent, un système de classement qui incite les élèves à se dépasser. Mais, en même temps, les jésuites sont connus pour promouvoir une très grande liberté intellectuelle. [...] Quand j'ai quitté les jésuites, j'avais un sens de la discipline, de l'organisation, de la compétition, et puis le goût du travail bien fait ». Mettant en avant la dispersion des jamhouriens à travers le globe, Carlos Ghosn qualifie l'ordre des Jésuites comme « première multinationale au monde ».
Propos recueillis par Marylynn Antaki - SV3, Sandra Geahchan - SV2, et Lony Tehini - SV1
