Amine Gemayel, ancien président de la République

Printer-friendly versionSend by email

Ancien, Promo 62, Amine Gemayel est issu d'une famille proche de la communauté jésuite, et dont la plupart des membres ont effectué leurs études chez les jésuites. À sa sortie de Jamhour, il a entamé des études de droit à l'Université Saint-Joseph jusqu'en 1969. Président de la République libanaise de 1982 à 1988, il porte aussi l'image d'un leader politique qui a marqué l'histoire du Liban contemporain. Amine Gemayel a bien voulu nous accueillir et répondre à nos questions, nous faisant part de ses expériences et de son parcours au Collège, où il apprit, nous dit-il, les valeurs de l'engagement, de la rigueur et du patriotisme.

 

  • Présentez-nous Amine Gemayel l'étudiant, le père et le président.

À mon avis, le côté humain conditionne les différentes étapes par lesquelles nous passons. Que je sois étudiant, père de famille ou président, le fait d'avoir gardé mon côté humain, d'être toujours revenu aux principes de mon éducation et de ma formation, et l'ambiance familiale dans laquelle j'ai baigné, sont les facteurs qui ont influencé les différentes étapes de ma vie. Il ne faut jamais dissocier ces valeurs de sa carrière pour pouvoir toujours rester entier.

 

  • Alors que vous n'étiez qu'un jeune étudiant encore à l'école, aviez-vous une idée des études et de la carrière que vous vouliez poursuivre ? Est-ce que la politique vous a toujours autant attiré ?

Si je devais poursuivre une autre carrière, je me serais dirigé vers l'art, empruntant un chemin plus artistique et culturel. Mais compte tenu de mes antécédents familiaux, une carrière dans la politique s'annonçait comme évidente. La politique ne m'a tout de même pas empêché de m'intéresser à l'art ou à la culture, comme le montrent les projets de la Maison du Futur qui vise à l'éveil artistique.

 

  • Votre père a également suivi des études chez les jésuites ; quelles valeurs et quels principes avez-vous tiré de cet environnement ?

Une longue lignée de la famille Gemayel a fait ses études chez les jésuites. De cette éducation, j'ai tiré les principes et les valeurs qui font partie de ma vie quotidienne. J'ai appris les valeurs chrétiennes, la vertu, la tolérance, l'attachement à l'éthique, la discipline, la rigueur, l'engagement à outrance.

Mais le plus important reste la détermination ; nous pouvons détenir tout le savoir et la connaissance du monde, sans détermination nous ne pouvons arriver nulle part.

C'est un tout, et c'est cela qui fait la différence et donne de la consistance à une personne.

 

  • Quand vous étiez élève de Terminale, vous êtes-vous dit : « un jour je serais président de la République » ?

Au Liban, chaque maronite est déjà un candidat potentiel à la présidence (rires). Ça a toujours été dans le vent, vu que je venais d'une famille bien imprégnée de politique. Nous avions déjà deux présidents en famille. C'est le cours de l'histoire qui a déterminé cela.

 

  • Les jeunes de notre époque sont souvent impliqués dans le social, l'environnement. Quelles étaient, à votre époque, les causes que vous souteniez ?

Pendant mon cycle secondaire, on était très engagés dans le scoutisme, l'assistance aux personnes en difficulté, les visites des camps palestiniens.

Nous avions aussi fondé une revue, Évasion, dans laquelle nous prônions notre engagement culturel et artistique. J'ai essayé d'organiser ma vie de manière à pouvoir toujours faire du bénévolat.

 

  • Quelle est votre conception du succès ?

Le succès pour moi, c'est avant tout d'être en paix avec soi-même. C'est avoir la satisfaction d'être utile à la société, d'avoir fondé, créé, réalisé quelque chose, que ce soit modeste ou pas ; l'important est d'apporter sa contribution.

Je suis fier d'avoir mené à bien, tout au long de ma vie, bon nombre de projets. Je peux donc dire que je suis en paix avec moi-même.

 

  • Quel souvenir gardez-vous de Jamhour ? Avez-vous un conseil ou un message à faire parvenir aux élèves de Jamhour ?

Si Jamhour m'a appris quelque chose, c'est bien de rester discret, entier, et de garder les pieds sur terre. Je suis convaincu d'une chose : l'éducation fournie au Collège est une éducation pluridimensionnelle, qui vise à former les prochaines élites de l'avenir. Les élèves de Jamhour devraient réaliser que le Collège les forme surtout à trouver leur vocation. Et, ils ont chacun une mission, celle d'agir en en conséquence, de donner le meilleur d'eux-mêmes.

 

  • Et à la jeunesse libanaise ?

La jeunesse doit s'accrocher dans ces moments difficiles, mais le verre est beaucoup plus plein que vide. Il faut se battre pour un Liban meilleur qui sera à l'image de tous les efforts déployés.