Le Recteur du Collège Notre-Dame de Jamhour décoré Chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques

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Le P. Charbel Batour a reçu la décoration des mains de Mme Véronique Aulagnon, représentant l’ambassadeur de France M. Bruno Foucher.

Le samedi 16 juin 2018, le Collège Notre-Dame de Jamhour partageait l’honneur fait à son recteur au cours d’une cérémonie à la fois solennelle et privée rassemblant des officiels, diplomates, députés et ministres, des représentants de l’Institut français du Liban, du ministère de l’Education nationale, le père Boutros Azar secrétaire général des écoles catholiques au Liban, des pères de la communauté jésuite, des collègues ainsi que des amis et des proches du P. Batour. Inscrivant cette distinction dans le sillage de la traditionnelle collaboration culturelle franco-libanaise, le P. Batour a voulu vivre l’honneur qui lui est accordé avec toute l’institution, rappelant dans son allocution l’action des jésuites travaillant au Collège depuis 168 ans et présents au Liban dès la fin du XVIe siècle.

La cérémonie a débuté par l’allocution de Mme Véronique Aulagnon, Directrice de l'Institut français du Liban et Conseillère de coopération d'action culturelle. Avant de remettre sa décoration au P. Charbel Batour, elle s’est exprimée surtout pour rappeler que l’ordre des Palmes Académiques, la plus ancienne distinction accordée à un civil, est aujourd’hui remise au P. Charbel Batour à double titre, personnel et institutionnel, pour tout ce que la culture francophone doit aux institutions éducatives dirigées par les jésuites depuis près de deux siècles.

Saluant en P. Batour l’éducateur engagé, l’humaniste soucieux du bien commun, Mme Aulagnon a relevé l’importance des réseaux scolaires libanais pour la culture française et francophone. La France, par cette distinction, apprécie l’engagement du P. Charbel Batour à former, à travers les établissements jésuites au Liban, des citoyens défenseurs de l’ouverture culturelle. La France se reconnaît dans votre parcours, dans votre passion à apprendre et à comprendre tout en cultivant votre identité orientale, a-t-elle achevé.

 

Prenant la parole au nom des élèves du Collège, Emmanuelle Wakim (élève de 1re) s’est exprimée en termes plutôt tendres - reflétant sa fraîche jeunesse -, évoquant le recteur tel que perçu par ses élèves.

Je tiens à vous dire que dès vos premiers mots une fois que vous étiez entré dans ma classe, vous avez réussi à nous mettre à l’aise. Vous avez commencé en disant ‘Bonjour, mes chers amis’ et vous avez fait en sorte que toutes les paroles qui suivent nous rassurent, nous qui étions encore surpris par la grandeur du Collège et par tous les changements qui s’imposaient à nous. Vous avez compris nos peurs et apaisé nos appréhensions. Vous nous avez fait comprendre que votre rôle consistait à nous accompagner sans nous juger, à nous encourager quand nous étions sur le bon chemin, nous prévenir avant d’éventuelles chutes, et nous aider autant que vous le pouviez.

Vous êtes à l’écoute de vos élèves et avez fait preuve d’un grand intérêt vis-à-vis de tous ceux qui passaient par des moments difficiles.

 

À son tour, le Père Denis Meyer, Vice-recteur du Collège, a transmis le témoignage d’un compagnon, il a relevé la belle intelligence de celui avec qui il travaille depuis 2015 et qu’il connaît depuis plus de 25 ans. Le P. Meyer rapporte combien le P. Batour a été marqué par l’esprit critique inhérent à la culture française et francophone, il rappelle également combien il demeure au fait des enjeux socio-politiques de la région du Proche-Orient, lecteur acharné de l’actualité, son avis reste précieux, car il ouvre bien souvent des perspectives jusque-là inexploitées.

Plusieurs traits de sa personnalité : une détermination le plus souvent éclairée et un grand courage. De fait, il a toujours la prudence de consulter longuement avant de prendre n’importe quelle décision, ce qui fait de lui un fin stratège.

 

Le P. Charbel Batour à son tour a pris la parole pour reporter la distinction qui lui est accordée dans le cadre institutionnel qui est le sien. Il a mis en valeur le rôle joué par la Compagnie de Jésus dans la promotion de la Francophonie au Liban. […] Pour être juste, je dois d’emblée préciser que c’est l’institution, en tant qu’ensemble d’acteurs pédagogiques, en tant que réseau d’énergies humaines, qui assure, depuis des décennies, ce service. Et pour aller plus loin, je dois souligner que, par notre engagement envers la culture française, nous rendons un service certain à la société libanaise et à l’ensemble de notre pays.

Le recteur a précisé que même si l’on se montre critique vis-à-vis de notre pays, il n’est pas juste d’occulter tout ce que notre culture a donné au mariage franco-libanais. Il précise […] en 2018, personne ne peut se limiter à sa seule culture et se contenter d’une seule identité culturelle et nationale. Notre identité véritable, notre identité humaine s’incarne dans une culture particulière mais vise l’universel.

[…] Notre humanité, au sens plein, joint la particularité d’une culture donnée à l’universalité de notre dignité humaine, un thème cher aux auteurs des documents du Concile Vatican II. Cette tension créatrice et enrichissante est ce que les Libanais, comme nous, ont choisi en optant pour la francophonie et pour la culture française.

Nous ne parlons pas suffisamment de la fécondation nécessaire d’une culture par une autre, car cette fécondation fait partie de notre identité véritable en tant qu’humain et en tant qu’être fondamentalement social. C’est le sens profond de l’affirmation d’Aristote, « l’homme est un animal politique » ajoute-t-il.

[…] En ce sens, le service rendu à la culture française est, en même temps et surtout, un service rendu à la culture libanaise. Ce service est alors un service réciproque, un bien commun.

P. Charbel Batour achève son allocution sur une profonde marque de gratitude qu’il exprime au nom de l’institution qu’il dirige. Il remet enfin son action et celle de toute la communauté de Jamhour entre les mains protectrices de Marie, Reine du Liban et du Collège.

NC - BCP

 

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